Amiens : l’officine est une porte d’entrée
L’amélioration de l’accès aux soins était au programme de la neuvième étape du Tour de France de la convention proposé par la FSPF.
Par FSPF
•30 décembre 2022
Plus personne aujourd’hui ne conteste la place du pharmacien dans la prévention et l’accès aux soins. Dans le monde, un patient sur deux entre dans le système de santé par l’intermédiaire d’une officine, contre un quart via un cabinet médical, souligne Sophie Sergent, ancienne membre du bureau national de la FSPF et ex-conseillère d’Olivier Véran au ministère de la Santé, citant des chiffres de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP). Et, à l’horizon 2030, la pharmacie sera en France la seconde porte d’entrée, derrière la télémédecine, selon un rapport de 2015 du cabinet Asterès. Pour Sophie Sergent, cela signifie donc que lorsqu’une pharmacie propose une solution numérique pour mettre en relation un patient avec un médecin, elle détient les deux premières places du podium.
Dans le cadre de l’amélioration de l’accès aux soins, la convention signée en mars 2022 prévoit justement d’accompagner les pharmaciens pour qu’ils assistent les actes de téléconsultation réalisés au sein de leur officine. Comment ? En leur proposant un forfait équipement de 1 225 euros TTC la première année. Ensuite, chaque assistance à une téléconsultation sera rémunérée à hauteur de 5 euros TTC dans la limite d’un plafond annuel de 750 euros (soit 150 téléconsultations par an). « La rémunération se fait par paliers de cinq téléconsultations », précise Philippe Besset, président de la FSPF. C’est-à-dire qu’un pharmacien touchera 25 euros de 1 à 5 téléconsultations, 50 euros de 6 à 10, et ainsi de suite.
Mais ce système de rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp) ne devrait pas perdurer. « Nous allons rapidement faire évoluer le dispositif vers un paiement à l’acte dans les avenants à venir », affirme Philippe Besset, tout en indiquant que les complémentaires santé seraient prêtes à en payer une partie. Quoi qu’il en soit, pour le président de la FSPF, « la proximité reste notre leitmotiv et nous souhaitons toujours privilégier la coordination avec les médecins exerçant à côté de nos officines plutôt que de les remplacer par des cabines de téléconsultation. Mais parfois, nécessité fait loi. »
Réécrire la loi
Pour les signataires de la convention, l’amélioration de l’accès aux soins passe aussi par la mise en œuvre du pharmacien correspondant, habilité à adapter les prescriptions et à renouveler certains traitements. En contrepartie de cette mission, une rémunération de 2 euros TTC par patient a été fixée jusqu’à 100 malades pris en charge au cours d’une année civile, et de 1 euro au-delà. Mais attention, la rémunération est plafonnée à 500 euros TTC par an, tous patients confondus.
Toutefois, la convention limite ce rôle aux officinaux exerçant dans les zones d’intervention prioritaire (ZIP) et les zones d’action complémentaire (ZAC). De plus, « la définition du pharmacien inscrite dans la loi n’est pas bonne », déplore Philippe Besset, qui demande sa réécriture. « Actuellement, pour être correspondant, il faut participer à la même structure d’exercice coordonné que le médecin traitant du patient, explique le président de la FSPF. Or nous avons justement besoin de pharmaciens correspondants dans les endroits où il n’y a pas de médecin traitant. » L’idée de la Fédération est donc de faire supprimer la notion d’exercice coordonné ou de communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) des supports législatifs et de dire que « la coordination peut se faire entre le pharmacien et le médecin traitant quel que soit son lieu d’exercice ».