Actus •
Transactions
Atterissage post-Covid réussi !
Le marché de la transaction s’est adapté rapidement aux changements de paradigme. Après une stabilité du prix de cession moyen des pharmacies sur le premier semestre 2023, une correction importante à la baisse s’est opérée au second semestre, et ce, quelle que soit la taille ou la typologie d’officine. Dans le même temps, le nombre des cessions s’est inscrit à la hausse.
Par Camille Jourdan
•8 avril 2024
Avec la fin des activités à TVA 0 % de la Covid-19, le retour vers des standards plus conformes à l’activité traditionnelle d’une officine (+ 2,4 % du CA HT en 2023), les pronostics peu déjoués sur l’effritement important des taux de marge (- 3 points, à 29,5 % en moyenne) et des rentabilités (- 4 points pour le taux d’EBE, à 9,7 % en moyenne), la détérioration des situations financières sous l’effet ciseaux entre les produits et charges de l’officine, les prix de cession des pharmacies se sont assagis, « répondant à une logique économique », précise Donald Monguay, associé du cabinet Pharmathèque.
Réalisée sur 939 transactions, la nouvelle étude publiée par Interfimo sur les prix de cession des officines montre, en effet, une année 2023 en net repli sur le prix de cession moyen en pourcentage du CA HT (hors activité Covid) de 3 points pour les officines de plus de 1,2 million d’euros de CA à 84 % et de 5 points, soit un niveau historiquement bas de 59 % pour celles de moins de 1,2 million d’euros de CA HT. En multiple de l’ excédent brut d’exploitation (EBE) retraité, le prix moyen suit la même tendance baissière, en s’établissant à 6,4 fois l’EBE (- 0,3 point) pour la première catégorie et à 5,3 fois l’EBE (- 0,1 point) pour la seconde catégorie ; cette dernière baisse étant principalement portée par les pharmacies rurales (coefficient de 4,5 en 2023 contre 5,3 en 2022). « Les prix baissent en campagne par manque de candidats », souligne Donald Monguay.
Les volumes des cessions montrent un marché acyclique peu sensible aux sursauts de l’économie, démontrant la robustesse du secteur officinal. Après une baisse de 7 % du nombre des transactions en 2022, le marché enregistre une hausse de 8 % des mutations, à 1 606 opérations contre 1 490 un an auparavant. Même alimenté par un crédit moins bon marché, le dynamisme des transactions d’officine contraste avec le repli du marché immobilier.
« Impact des médicaments chers sur le CA et le taux de marge, baisse des rentabilités, hausse des taux qui affecte de plus en plus la capacité d’endettement des acquéreurs… tous ces éléments marquants ont concouru au second semestre 2023 à amorcer une prise de conscience chez les pharmaciens vendeurs, analyse Marie-Gabrielle Tingaud, présidente de Channels. Celle-ci, assortie d’une recherche plus sélective des acheteurs, dans un marché où la demande reste soutenue, devrait apporter plus de fluidité dans les transmissions. »
En régions, l’animation du marché a été la plus forte en Bretagne, Normandie, Paris-Île-de-France et Paca. Restant majoritaire (54 % des cessions), la part des ventes de fonds est restée stable, rompant avec la tendance baissière de ces dernières années. « Le dispositif exceptionnel d’amortissement du fonds commercial et les déductions fiscales qui en résultent ont logiquement incité les acquéreurs à privilégier des rachats de fonds, au détriment des acquisitions de parts n’ouvrant pas droit à l’amortissement », livre Olivier Tellier, associé du cabinet POD.
Demeurant la principale cause de transmission, les départs en retraite renouent avec la croissance (+ 4 %, 1 820 recensés en 2023 par la CAVP), après une stabilisation en 2022. Leur nombre ne devrait pas faiblir dans les cinq années à venir.
Regain de forme sur les ventes de fonds
Les volumes des cessions montrent un marché acyclique peu sensible aux sursauts de l’économie, démontrant la robustesse du secteur officinal. Après une baisse de 7 % du nombre des transactions en 2022, le marché enregistre une hausse de 8 % des mutations, à 1 606 opérations contre 1 490 un an auparavant. Même alimenté par un crédit moins bon marché, le dynamisme des transactions d’officine contraste avec le repli du marché immobilier.
« Impact des médicaments chers sur le CA et le taux de marge, baisse des rentabilités, hausse des taux qui affecte de plus en plus la capacité d’endettement des acquéreurs… tous ces éléments marquants ont concouru au second semestre 2023 à amorcer une prise de conscience chez les pharmaciens vendeurs, analyse Marie-Gabrielle Tingaud, présidente de Channels. Celle-ci, assortie d’une recherche plus sélective des acheteurs, dans un marché où la demande reste soutenue, devrait apporter plus de fluidité dans les transmissions. »
En régions, l’animation du marché a été la plus forte en Bretagne, Normandie, Paris-Île-de-France et Paca. Restant majoritaire (54 % des cessions), la part des ventes de fonds est restée stable, rompant avec la tendance baissière de ces dernières années. « Le dispositif exceptionnel d’amortissement du fonds commercial et les déductions fiscales qui en résultent ont logiquement incité les acquéreurs à privilégier des rachats de fonds, au détriment des acquisitions de parts n’ouvrant pas droit à l’amortissement », livre Olivier Tellier, associé du cabinet POD.
Demeurant la principale cause de transmission, les départs en retraite renouent avec la croissance (+ 4 %, 1 820 recensés en 2023 par la CAVP), après une stabilisation en 2022. Leur nombre ne devrait pas faiblir dans les cinq années à venir.