Baisse d’activité : comment les pharmaciens ont vécu la crise
Afin de mesurer les conséquences de la crise sanitaire sur l’activité des officines, la FSPF a lancé deux enquêtes successives auprès des pharmaciens.
Par FSPF
•19 juin 2020
L’épidémie de Covid-19 touche de plein fouet les entreprises. Y compris celles qui sont restées ouvertes à l’instar des pharmacies d’officine. « Il y a eu un avant et un après confinement de la population, expliquait Philippe Besset, président de la FSPF, dans l’interview du Pharmacien de France du mois de mai. Quand on regarde les chiffres, la semaine du 16 mars, date de début du confinement, peut être qualifiée d’exceptionnelle en termes de fréquentation. Les patients se sont précipités dans les supermarchés pour faire des réserves de provisions, mais aussi dans les pharmacies pour anticiper le renouvellement de leurs traitements. La semaine suivante a également été hors normes, avec une chute de l’activité officinale de 25 %. »
Selon une première enquête menée par le syndicat auprès des pharmaciens (4 880 réponses), 81,2 % des officinaux constataient une baisse de leur activité entre le 15 et le 31 mars, dont 26,5 % entre 20 et 30 % et 27,5 % au-delà de 30 %. La seconde enquête (3 311 réponses) montre que la baisse d’activité s’est poursuivie les semaines suivantes. Entre le 1er avril et le 15 mai, à peu près la même proportion (80,6 %) déplorait encore une baisse d’activité, la plupart (41,4 %) entre 10 et 20 %.
Continuité des soins
Malgré cela, les pharmaciens sont restés sur le pont pour faire face à l’épidémie. Environ la moitié d’entre eux (48,5 % entre le 15 et le 31 mars et 52,1 % entre le 1er avril et le 15 mai) ont toutefois réduit l’amplitude horaire d’ouverture de leur officine, généralement en fermant plus tôt le soir. Mais pour la très grande majorité, la diminution des horaires ne dépasse pas 30 minutes à 1 heure. « La continuité des soins est donc restée la priorité pour la profession pendant la crise sanitaire », remarque la FSPF.
Confrontés au recul de leur activité, les pharmaciens ont peu recouru au chômage partiel. Durant les quinze premiers jours du confinement, plus de la moitié des pharmaciens ayant répondu au questionnaire avaient opté pour le dispositif d’activité partielle (6,7 %) ou envisageaient de le faire (49,9 %). Finalement, seuls 21 % déclarent l’avoir mis en place depuis le 1er avril. En ce qui concerne les arrêts de travail, moins de la moitié des officines ont reçu des demandes depuis la mi-mars (44,9 % entre le 15 et le 31 mars et 43 % entre le 1er avril et le 15 mai). Quant à l’exercice du droit de retrait par un salarié, moins de 1 titulaire sur 10 dit y avoir été confronté.
Implication sans faille
Pour la FSPF, ces résultats démontrent « l’implication sans faille des équipes officinales dans cette crise sanitaire et des titulaires d’officine dans la protection de leurs salariés ». D’ailleurs, en dépit des difficultés actuelles, 40 % envisagent de verser une prime d’activité à leurs salariés et 15 % l’ont déjà fait. « C’est un véritable effort au regard du contexte économique difficile que traverse actuellement la profession, estime le syndicat qui entend poursuivre les discussions avec le gouvernement et l’Assurance maladie afin que le travail et l’engagement des pharmaciens soient reconnus à leur juste valeur. »