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Bordeaux : le métier évolue, la formation aussi

Les réformes relatives à la formation des pharmaciens et des équipes officinales étaient au cœur des débats de l’étape bordelaise.

Par FSPF

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30 décembre 2022

Paru dans le n°1346 - Janvier 2023
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« Nous avons un métier de plus en plus difficile sur le terrain et pour travailler aujourd’hui en officine, il faut vraiment avoir l’amour de la profession », lance Thierry Guillaume, président de la chambre syndicale des pharmaciens de la Gironde, lors de la huitième étape du Tour de France de la convention. Il faut dire que ces derniers temps, entre la gestion de la crise sanitaire et l’arrivée de nouvelles missions, le tout sur fond de pénurie de personnel, l’activité officinale n’est pas de tout repos. « La charge de travail est plus importante aujourd’hui qu’hier », observe Philippe Besset, président de la FSPF. Alors, « si nous voulons accroître notre rôle dans le parcours de soins du patient, il faut que nous puissions avoir les équipes suffisantes ».

Rendre la profession plus visible

Or aujourd’hui, l’officine manque de bras. Et la situation ne semble pas près de s’améliorer. Tandis que le réseau aurait besoin d’embaucher 15 000 pharmaciens, 1 100 places étaient vacantes à la rentrée 2022 dans les facultés. Dans celle de Bordeaux, par exemple, sur 164 places disponibles, seules 56 ont été pourvues en 2022, indique son doyen Nicolas ­Sévenet. La réforme du premier cycle avec deux voies d’accès (Pass, parcours d’accès santé spécifique santé, et LAS, licence option accès santé) « peut être considérée comme intéressante mais elle est d’une telle complexité à mettre en œuvre que l’on perd des étudiants », souligne-t-il. Au-delà, « trop peu souhaitent faire pharmacie », regrette le Pr Sévenet. Sur 681 étudiants ayant validé le Pass, 98 ont déposé un dossier d’inscription dans la filière pharmacie. Mais seulement 7 ont confirmé leur choix. Quant à l’accès par la LAS, 11 étudiants ont été reçus sur les 88 places prévues. Cela peut s’expliquer par une préparation très dense aux examens, nécessitant « une quantité de travail phénoménale pour suivre deux cursus en même temps », souligne le doyen de la faculté de Bordeaux.

Adrien Caron, chargé du dossier formation à l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf), déplore pour sa part l’absence de mention des métiers de la pharmacie dans Parcoursup, tout en soulignant que « les lycéens réduisent souvent la pharmacie à l’officine et le métier à la vente de médicaments ». Aussi juge-t-il nécessaire de continuer à être présent dans les établissements et dans les salons étudiants pour rendre la profession plus visible.

Réforme à la peine

Lancée en 2016, la réforme du troisième cycle des études de pharmacie pourrait peut-être redonner de l’attractivité à la filière officine. Mais celle-ci peine à voir le jour. L’une des évolutions envisagées, et qui semble faire consensus, est la création d’un diplôme d’études spécialisées (DES) de pharmacie officinale en remplacement de la sixième année d’officine. D’une durée de douze mois (au lieu de neuf actuellement), ce DES alternerait des enseignements universitaires, du temps de travail personnel et des périodes de stage.

Plusieurs statuts sont proposés pour les étudiants, mais celui qui tient la corde serait le statut d’interne en pharmacie, comme l’explique Bernard Muller, vice-président de l’université de Bordeaux. Pour lui, l’un des avantages serait de rendre éligible les étudiants à des indemnités et des dispositifs spécifiques. Ainsi, un interne en médecine générale touche environ 1 500 euros par mois, auxquels peuvent s’ajouter des indemnités d’hébergement et de transport, tandis qu’un stagiaire de sixième année d’officine perçoit aux alentours de 550 euros. Côté titulaire, des statuts de pharmacien agréé maître de stage universitaire et d’enseignant en pharmacie officinale seraient créés. Mais cette réforme du troisième cycle « achoppe sur un problème budgétaire », relève ­Philippe Besset. L’enveloppe nécessaire à la rémunération des étudiants est évaluée à 46 millions d’euros.

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