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Convention : les nouvelles missions, un an après

Les dispositions de la nouvelle convention pharmaceutique ont commencé à se mettre en place en mai 2022.

Par FSPF

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8 juin 2023

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©  AdobeStock_MH

Signée le 9 mars 2022, la convention qui organise les relations entre les pharmaciens titulaires d’officine et l’Assurance maladie pour les cinq prochaines années entend répondre à plusieurs enjeux. Elle vise tout particulièrement à accroître les missions des officinaux en matière de prévention, mais aussi d’accompagnement des patients et de premiers recours, ainsi que leur implication pour améliorer le bon usage des produits de santé. Dans cet objectif, ils peuvent participer au dépistage du cancer colorectal depuis le 7 mai 2022. Cette maladie, qui représente la deuxième cause de mortalité par cancer en France avec 17 000 décès annuels, guérit pourtant dans 9 cas sur 10 si elle est détectée tôt. Les officinaux se sont engagés dans cette nouvelle mission et cela « fonctionne bien », constate Philippe Besset, président de la FSPF.

Peu de délivrance à l’unité

Depuis un an, les pharmaciens peuvent aussi dispenser des médicaments à domicile dans le cadre du dispositif Prado et une rémunération est prévue pour la délivrance à l’unité les antibiotiques et les médicaments stupéfiants. « Environ 70 000 dispensations à l’unité ont été effectuées en 2022 sur les 600 millions de ­délivrances d’ordonnances, ce qui est très faible », relève Philippe Besset, qui reste dubitatif quant à l’intérêt de la dispensation des antibiotiques au comprimé puisque « ce n’est pas le choix que notre pays a fait pour ­dispenser les médicaments ». Pour lui, ­désormais, il est impératif « d’obtenir une ­rémunération pour la préparation des doses à administrer ». Car ce type de délivrance « a du sens pour les personnes âgées ou désorientées » et présente « un intérêt pour améliorer l’observance et la santé publique », estime-t-il.

D’autres dispositions sont entrées en vigueur quelques mois plus tard, le 7 novembre 2022, telles que l’entretien court pour les femmes enceintes. Son objectif : sensibiliser les patientes concernées aux risques liés à la consommation de substances tératogènes ou fœto-toxiques durant la grossesse et, le cas échéant, à l’importance de la vaccination. « Il faut les déployer davantage », affirme le président de la FSPF, qui observe que « ce type d’entretien court est mieux pris en compte par les confrères que les longs ». Une tendance qu’il faudra, selon lui, « avoir en tête pour les prochaines missions ».

Des textes en attente

Outre la grippe saisonnière et la Covid-19, les pharmaciens ont également eu l’autorisation de vacciner les patients âgés de 16 ans et plus munis d’une ordonnance contre plusieurs maladies : diphtérie, ­tétanos, poliomyélite, coqueluche, papillomavirus humains, infections invasives à pneumocoque, virus des hépatites A et B, méningocoques de sérogroupes A, B, C, Y et W, ainsi que la rage. « L’objectif de cette nouveauté est d’améliorer la couverture vaccinale et de faciliter le parcours vaccinal des personnes âgées de 16 ans et plus, pour lesquelles ces vaccinations sont recommandées dans le calendrier en vigueur », rappelle l’Assurance maladie. Certes, les pharmaciens se sont lancés dans la vaccination, mais « cela ne se déploiera vraiment de façon massive que lorsque la prescription de vaccins sera également opérationnelle », estime le président de la FSPF, qui déplore l’absence à ce jour des textes réglementaires nécessaires.

Philippe Besset demande aussi la publication de ceux relatifs au dépistage des cystites à l’officine hors exercice coordonné. « Tout cela devient insupportable, un an après la signature de la convention », insiste-t-il. De même, le président de la FSPF souhaite obtenir le droit de délivrer l’antibiotique ad hoc en cas de Trod angine positif, sinon « personne ne comprend à quoi sert le dépistage ». Au total, le syndicaliste dresse un bilan mitigé de la première année de la convention en raison des textes réglementaires qui manquent encore à l’appel afin que certaines mesures prévues par la convention puissent enfin être opérationnelles.

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