Actus • La question du mois

Covid-19 : comment faites-vous face à l’officine ?

Par Christophe Micas

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13 avril 2020

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Pour plus de 7 phar­ma­ciens sur 10 ayant ré­pondu à notre ques­tion­naire, la si­tua­tion à l’of­fi­cine est re­de­ve­nue calme après une pé­riode de ten­sion (voir pre­mier graphe). Il semble y avoir eu pour la ma­jo­rité d’entre vous un avant et un après confi­ne­ment de la po­pu­la­tion. Après des jour­nées très in­tenses pré­cé­dant l’an­nonce du pré­sident de la Ré­pu­blique in­vi­tant les Fran­çais à res­ter chez eux, les jours sui­vants sont re­de­ve­nus calmes, avec une fré­quen­ta­tion par­fois in­fé­rieure à la nor­male parce que « les gens ont com­pris qu’on se­rait tou­jours là les jours sui­vants ». Quoi qu’il en soit, beau­coup d’entre vous ont vécu « un as­saut de pa­tients » ve­nus re­nou­ve­ler leurs trai­te­ments par peur de man­quer, sans comp­ter les de­mandes de masques, de gants ou de gel hy­dro­al­coo­lique, les ap­pels té­lé­pho­niques « in­ces­sants » et l’ac­crois­se­ment des de­mandes de li­vrai­son à do­mi­cile. Cer­tains disent avoir vécu « deux jours hor­ribles avant le confi­ne­ment » dans un contexte « ubuesque » concer­nant la dis­tri­bu­tion des masques de pro­tec­tion aux pro­fes­sion­nels de santé. Et tout cela alors que les ti­tu­laires étaient par­fois confron­tés à une ab­sence de per­son­nel pour ma­la­die ou pour cause de garde d’en­fants. D’autres confrères ont vu leur ac­ti­vité aug­men­ter de fa­çon ex­cep­tion­nelle dans un pre­mier temps en rai­son de l’ar­ri­vée de per­sonnes ve­nues « se mettre au vert » pour vivre un meilleur confi­ne­ment.

 

Pour en­vi­ron 15 % d’entre vous, l’ac­cal­mie ne s’est pas fait sen­tir. La si­tua­tion est même de­ve­nue ten­due, voire in­gé­rable (voir se­cond graphe). Près de 60 % es­timent que cela est dû non seule­ment à des pro­blèmes d’or­ga­ni­sa­tion, mais aussi au com­por­te­ment de leur pa­tien­tèle. Beau­coup té­moignent de stress dans leur équipe, no­tam­ment lié au nombre in­suf­fi­sant de masques pour le per­son­nel, d’au­tant que les pré­pa­ra­teurs n’ont pas été in­clus dans la liste des soi­gnants pou­vant en bé­né­fi­cier. Il faut aussi, pour les of­fi­ci­naux, ré­pondre aux an­goisses des pa­tients, exi­geants, in­quiets des pé­nu­ries de masques, de gel hy­dro­al­coo­lique, de ther­mo­mètres et par­fois de mé­di­ca­ments pour leur trai­te­ment ha­bi­tuel, avec le sen­ti­ment « d’être dé­mu­nis ». L’ex­pé­rience as­sez lar­ge­ment par­ta­gée est que « les pa­tients sont à cran, pas tou­jours rai­son­nables dans leurs de­mandes et cela se res­sent sur le per­son­nel qui s’énerve ra­pi­de­ment ». Les ti­tu­laires in­ter­ro­gés se plaignent aussi d’un manque d’in­for­ma­tion, de consignes peu claires et trop chan­geantes de la part des au­to­ri­tés qui « nous en­voient ordre et contre-ordre en per­ma­nence, ra­jou­tant en­core du stress à notre exer­cice ». Bref, « ré­pondre aux an­goisses, au té­lé­phone, aux rup­tures de mé­di­ca­ments, aux in­jonc­tions ad­mi­nis­tra­tives, ça de­vient com­pli­qué ! »

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