Dastri, c’est reparti !
Après plusieurs mois de bras de fer, un accord a été trouvé avec l’éco-organisme concernant la prise en charge des déchets liés aux activités de vaccination des officines ainsi que ceux émanant des patients en autotraitement.
Par FSPF
•6 avril 2023
La convention-cadre liant la profession avec Dastri avait pris fin le 31 décembre dernier. Faute d’un nouvel accord entre les partenaires, les déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) commençaient à s’accumuler dans les officines. Depuis l’automne, les relations étaient quelque peu tendues. La raison ? La fin de la prise en charge par l’État depuis août 2022 de la collecte et de l’élimination des Dasri produits au sein de l’officine (Dasri-PRO) en vigueur depuis le début de la pandémie de Covid-19. Dès lors, les officines se sont retrouvées devant l’obligation de payer 150 euros par an à Dastri. Face à cette situation jugée inacceptable, le président de la FSPF, Philippe Besset, avait immédiatement dénoncé, à titre conservatoire, la convention-cadre signée avec l’éco-organisme le 1er janvier 2017 pour la gestion des Dasri produits cette fois par les patients en autotraitement (Dasri-PAT).
Une convention pour tous
Finalement, les négociations menées avec les industriels membres de Dastri ont trouvé une issue favorable le 21 février avec la signature d’une convention-cadre pour la gestion des Dasri-PRO. Même si celle-ci n’a été signée qu’entre Dastri et la FSPF, elle est ouverte à tous les pharmaciens d’officine, qu’ils soient adhérents de ce syndicat ou non. La convention définit une période renouvelable de deux ans pendant laquelle la prise en charge des Dasri perforants issus des activités de vaccination réalisées en pharmacie sera effectuée par la même filière que celle des Dasri-PAT. En contrepartie, les officinaux s’engagent à s’acquitter d’une « éco-participation » de 50 euros par an, « afin de contribuer aux politiques d’innovation et aux projets de recherche et développement visant à les accompagner dans leurs démarches d’éco-responsabilité ». « Il s’agissait d’un prérequis pour se conformer aux attentes du ministère de la Santé et de l’Assurance maladie, explique Philippe Besset, car nous devons participer à ce système au même titre que les infirmiers et les médecins. »
Au final, « la FSPF se félicite de ce partenariat qui représente une importante avancée pour la profession et remercie Dastri pour son implication », indique le syndicat, qui salue « la démarche des industriels visant à mettre en place volontairement et à leur charge un dispositif de collecte des déchets de vaccination produits par les pharmaciens d’officine ». Dans le même temps, la convention-cadre organisant la collecte des Dasri-PAT a été renouvelée, ouvrant ainsi la voie à une reprise des collectes en pharmacie.
Avancée écologique
Pour la FSPF, l’objectif était d’optimiser la gestion des Dasri, qu’il s’agisse des Dasri-PRO ou Dasri-PAT. « L’enlèvement de ces déchets par les opérateurs de collecte lors d’un même passage en pharmacie constitue une véritable progression écologique permettant de réduire l’empreinte carbone », souligne-t-elle. « Dès maintenant, les pharmaciens qui le souhaitent pourront faire appel à Dastri pour la collecte de leurs Dasri-PRO », ajoute le syndicat, tout en précisant que les confrères « restent bien évidemment libres de recourir à tout autre opérateur de leur choix pour le ramassage de ces déchets ». Enfin, en ce qui concerne plus spécifiquement les déchets issus des tests, qu’il s’agisse de tests antigéniques pour la détection du SARS-CoV2 ou des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) angine, ils devraient intégrer le circuit d’élimination des déchets ménagers. Un avis du Haut Conseil de la santé publique sur le sujet doit d’ailleurs être rendu très prochainement.