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De la DAU aux MNU réutilisés

Pour lutter contre le gaspillage, les idées fusent mais ne sont pas toujours bien inspirées. C’est le cas d’une dispensation à l’unité généralisée ou de l’emploi de médicaments sortis du circuit sécurisé.

4 décembre 2025

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© adobestock_lembergvector

Le sujet revient régulièrement sur le tapis, au grand dam des pharmaciens qui expliquent, encore et encore, pourquoi la dispensation à l’unité (DAU) ne peut être généralisée. La FSPF a eu l’occasion d’en détailler récemment les raisons aux sénateurs avant de recevoir un soutien de taille avec le rapport de la Cour des comptes, publié début novembre. Pour les magistrats de la rue Cambon, aux risques élevés « sur les plans organisationnels, financiers et humains d’une mutation du régime de délivrance à la boîte […] vers un régime général de délivrance à l’unité », s’ajoute une absence de corrélation entre DAU et une « moindre dépense pharmaceutique ». Les sages ne ferment pas la porte à une application dans les situations « les plus nécessaires », à condition qu’elle s’accompagne, d’une part, de « la fixation d’un tarif de la dose à l’unité », et d’autre part, d’un « honoraire de dispensation indépendant de la boîte », le tout devant s’intégrer dans les LGO pour simplifier « la pratique en pharmacie et la prise en charge par l’Assurance maladie ».
La Cour des comptes propose d’autres pistes pour lutter contre le gaspillage. En premier lieu, la préparation des doses à administrer, qu’il convient enfin d’encadrer, ou encore la dispensation adaptée, abandonnée à cause d’une rémunération inadéquate. Autre idée antigaspi figurant aussi au PLFSS pour 2026 : la remise dans le circuit de médicaments non utilisés (MNU) non périmés et dont la boîte n’a pas été ouverte. Le Conseil national professionnel de la pharmacie s’y oppose unanimement en raison des risques sanitaires et de sécurité pour les patients en matière de traçabilité et de conservation, des contraintes logistiques et opérationnelles pour les pharmaciens, de son efficacité limitée et des effets pervers sur l’environnement et l’économie. Il préconise plutôt des mesures préventives comme l’adaptation des conditionnements par les industriels, le renforcement des entretiens pharmaceutiques et le déploiement de la pharmacie clinique tant en ville qu’à l’hôpital.
Alors que Cyclamed et l’ANSM doivent publier, avant la fin de l’année, les résultats de leur étude conjointe, Perimed, sur la typologie des MNU collectés et les leviers envisagés pour réduire le gaspillage, l’Agence du médicament a lancé, le 21 novembre, une « phase pilote basée sur un appel à candidatures des laboratoires pharmaceutiques, baptisée “Longue vie aux médicaments” ». Le but ? Identifier les produits de santé pour lesquels la date de péremption pourrait être repoussée et accompagner les industriels qui, après réévaluation des données de conservation, feront une demande de modification d’AMM dans ce sens.

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