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Des bonnes pratiques impraticables

Les discussions sur les bonnes pratiques de dispensation à l’officine pourraient remodeler l’exercice officinal tel que vous le connaissez aujourd’hui. Explications.

11 juin 2015

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© adobestock_Pict rider

La qualité à l’officine, c’est bien, mais tenir compte des ressources de chaque officine, c’est mieux. C’est en substance le discours que tient la FSPF auprès des instances chargées de la concertation autour des bonnes pratiques de dispensation à l’officine (BPDO). Concertation relancée mi-mars suite à l’abrogation des bonnes pratiques de dispensation sur Internet – son pendant virtuel – par le Conseil d’État pour des raisons réglementaires. Les BPDO sont en gestation depuis 1996 et sont censées lister tous les actes réalisés au sein d’une officine lors d’une délivrance (questions posées aux patients, analyse des interactions, assurance qualité au sein de l’officine…). C’est dire l’importance de cette bible de la dispensation pour les pharmaciens…

Impossibles en pratique

Les discussions vont bon train depuis quelques mois entre les syndicats de titulaires, l’Ordre des pharmaciens et la direction générale de la santé au sein du ministère, avenue de Ségur. « Nous sommes évidemment totalement pour développer la qualité à l’officine, mais c’est impossible à appliquer à périmètre constant de coût, pointe Philippe Gaertner, président de la FSPF. Si l’on devait accomplir tout ce qui figure dans ce texte, une dispensation prendrait entre 5 et 25 minutes, ce qui nécessiterait du personnel supplémentaire. Il faudrait 10 000 pharmaciens de plus et rien ne dit que les patients accepteraient une délivrance aussi longue. » Et le syndicaliste d’ajouter : « Un tel niveau d’exigence doit s’accompagner des moyens adaptés ; il faudrait en particulier passer d’un comptoir debout à une délivrance assise. » C’est notamment le titre 3 du texte, portant sur la qualité, qui semble disproportionné par rapport aux ressources actuelles des officines, selon la FSPF. Ces bonnes pratiques, une fois publiées, seront en effet opposables aux pharmaciens, d’une manière ou d’une autre. En d’autres termes, en cas de litige ou d’erreur de délivrance, ne pas avoir rempli toutes les étapes prévues pourrait être retenu contre le dispensateur. Un risque juridique considérable pour la profession. « Fixer un délai de six mois, comme cela a été envisagé, ne résout pas la problématique économique », précise Philippe Gaertner. Une chose est sûre, à l’écouter : augmenter la charge de travail des officines dans le contexte actuel semble plus que périlleux.

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