Dispensation adaptée : la Covid va fausser les calculs
Un premier bilan de la dispensation adaptée sera dressé en juillet prochain, soit un an après sa mise en place.
Par FSPF
•11 juin 2021
Inscrite dans l’avenant n° 20 à la convention nationale pharmaceutique, la dispensation adaptée des médicaments vise à renforcer le bon usage, l’observance, la lutte contre le gaspillage et la diminution du risque iatrogénique, comme l’explique l’Assurance maladie : « Dans le plus complet respect de la prescription médicale, et uniquement pour les traitements à posologie variable, le pharmacien peut adapter la dispensation aux besoins du patient, ceux-ci pouvant varier pendant la durée de prescription. »
Un système à revoir
La tarification de la dispensation adaptée est basée sur un code acte DAD (10 centimes d’euro). Il se cote dès lors que le pharmacien dispense moins de conditionnements de médicaments (figurant au sein de 22 classes thérapeutiques) que le nombre mentionné sur l’ordonnance.
Pour Philippe Besset, président de la FSPF qui a refusé de signer cet avenant, les officinaux font déjà ce travail. Toutefois, s’il considère que « l’idée de tracer cet acte est une bonne idée », le système de rémunération mis en œuvre est, quant à lui, « complètement stupide ». En effet, le calcul de l’indemnité étant fonction du « nombre de boîtes vendues au niveau national lors de l’année glissante comparé à celui de la même période précédente », il est beaucoup trop dépendant des fluctuations du marché.
Usine à gaz
Autrement dit, si une année est marquée par une flambée de pathologies, les pharmaciens ne gagneront rien, même s’ils font de la dispensation adaptée. À l’inverse, s’il y a peu de pathologies par rapport à l’année précédente, les officinaux gagneront beaucoup. Et c’est justement ce qui se passe aujourd’hui avec la crise sanitaire qui a fait chuter drastiquement le nombre de boîtes vendues des classes thérapeutiques concernées entre 2020 et 2021, de 30 à 60 %.
Résultat, « la rémunération sera cette année maximum », souligne Philippe Besset, persuadé qu’il y aura « un débat avec la Cnam sur ce sujet car cette usine à gaz aurait tout aussi bien pu être au détriment des pharmaciens ». « Nous voulons être payés pour ce que nous faisons et pas pour quelque chose qui n’est pas de notre ressort et qui dépend de l’évolution du marché », explique le président de la FSPF. En attendant, il invite tous les confrères à poursuivre la cotation de la dispensation adaptée durant les prochaines semaines.