Dispensation adaptée : les pharmaciens ne sont pas des pantins
La dispensation adaptée de médicaments se mettra en place le 1er juillet prochain pour une période de deux ans. La FSPF déplore que ce dispositif relègue le pharmacien dans un rôle comptable.
Par FSPF
•5 mars 2020
L’Uspo et l’Assurance maladie ont signé le 12 février l’avenant n° 20 à la convention nationale pharmaceutique introduisant la notion de dispensation adaptée. Selon les signataires, « le pharmacien peut adapter la dispensation dans le respect de la prescription médicale et uniquement pour les traitements dont la posologie peut varier en fonction des besoins du patient pendant la durée de la prescription ». Une liste de 22 classes de médicaments concernées par cette dispensation adaptée a été fixée.
« Véritable arnaque »
En contrepartie, les pharmaciens seront payés sous forme de rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp) à la formule complexe. Mais cette Rosp ne prendra effet qu’à partir du moment où une baisse d’au moins 1,5 % des volumes des médicaments ciblés sera enregistrée. « Une véritable arnaque », selon la FSPF, qui a refusé de signer cet avenant. « Pour déclencher la Rosp, les pharmaciens devront dispenser une quantité inférieure au maximum de boîtes prescrites, explique le syndicat. Comme les pharmaciens délivrent déjà la juste quantité de médicaments, aucune baisse de volume ne sera observée. La Rosp ne sera donc jamais déclenchée ! »
Rôle comptable
Alors que la FSPF se bat depuis des années pour prouver que les pharmaciens d’officine sont de véritables professionnels de santé, elle déplore que l’avenant n° 20 les « relègue dans un rôle comptable ». « La FSPF défend une véritable intervention pharmaceutique, acte de coordination avec le médecin, qui est la formalisation écrite de l’analyse pharmaceutique et qui doit être rémunérée à l’acte », insiste le syndicat, qui refuse que « les pharmaciens deviennent les pantins de la Sécu ».
