Dispensation adaptée : un projet qui vient du passé
L’avenant n° 20 à la convention pharmaceutique, qui instaure le principe de la dispensation adaptée, est paru le 29 mai au Journal officiel.
Par FSPF
•19 juillet 2020
Signé par l’Uspo et l’Assurance maladie le 12 février dernier, l’avenant n° 20 définit la notion de dispensation adaptée et les modalités de sa rémunération. Cet avenant, qui entrera en vigueur le 1er juillet, indique que « dans le respect de la prescription médicale, et uniquement pour les traitements dont la posologie peut varier en fonction des besoins du patient pendant la durée de la prescription, le pharmacien peut adapter la dispensation ».
Vingt-deux classes thérapeutiques sont éligibles à ce dispositif dont des laxatifs, des antiacides et des antidouleurs. Le pharmacien facturera son intervention, par ligne d’ordonnance, via un code traceur valorisé à 0,1 euro HT. L’indemnisation du pharmacien pour son engagement à faire baisser les volumes des médicaments concernés sur douze mois (entre le 1er juillet 2020 et le 30 juin 2021 pour la première année) s’effectuera sous forme d’une rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp) calculée sur la base de 45 % des économies réalisées par les assurances maladie obligatoire et complémentaire.
Un piège absolu
Pour la FSPF, qui a refusé de parapher cet avenant, la dispensation adaptée conduit à rabaisser les pharmaciens à de simples compteurs de boîtes. Dénonçant une « usine à gaz », son président, Philippe Besset, affirme qu’elle représente « un piège absolu » imaginé dans la précipitation pour tenter de compenser la diminution des honoraires complexes prévue par l’avenant n° 19. Car selon lui, la Rosp qui lui est attachée ne se déclenchera jamais, les officinaux délivrant « déjà la juste quantité de médicaments, aucune baisse de volume ne sera observée ». Sans parler de la crise sanitaire actuelle qui risque de fausser le mode de calcul des quantités de médicaments délivrées entre 2020 et 2021.
Ce dispositif est mis en place pour deux ans et un bilan sera réalisé à l’issue de cette période. Quoi qu’il en soit, Philippe Besset n’en démord pas, cet avenant « d’avant-guerre » doit être « mis à la poubelle », au même titre que l’avenant n° 19. « Je ne partage pas l’idée que l’on puisse réduire la rémunération des pharmaciens », insiste le président de la FSPF.