« Du concret, pas de belles paroles ! »
Déçus par l’absence d’avancée notable dans les négociations sur le futur avenant économique, FSPF et Uspo réclament, dans un communiqué commun, des propositions concrètes, indispensables à la survie de l’officine.
9 février 2024
Consacrée à l’évolution de la rémunération et des honoraires, la quatrième séance de travail entre les syndicats et les services de l’Assurance maladie, qui s’est tenue le 1er février dernier, était très attendue. Malgré l’urgence économique de la situation, elle a laissé les représentants de la profession sur leur faim. Unis face à l’adversité, la FSPF et l’Uspo ont décidé de diffuser un communiqué commun afin de dénoncer l’absence d’avancée notable depuis l’ouverture des négociations.
Les syndicats sont d’autant plus déçus que cette séance de travail n’a pas permis de réconcilier les chiffres de l’Assurance maladie avec ceux émanant des organismes de statistiques (GERS, Iqvia et Ospharm). Cela aboutit à « un constat de désaccord partiel », regrette Philippe Besset, président de la FSPF. « La rémunération sur le médicament à l’officine a été meilleure en 2023 qu’en 2022 », reconnaît-il, mais, pour la Cnam, le réseau a « sur performé » de 80 millions d’euros par rapport aux chiffres présentés par les organismes statistiques.
Aux abonnés absents
En outre, les représentants de la profession ont dû rappeler, une fois encore, qu’ils ne sont « pas favorables à des transferts de rémunération » mais souhaitent des revalorisations : sur les honoraires de dispensation, sur l’honoraire de prescription du vaccin, « que nous voudrions […] aussi autonomiser par rapport à l’acte d’administration », et sur les honoraires pour de nouveaux actes (prise en charge de l’angine et de la cystite, renouvellement d’ordonnance ou action sur la fraude). « Malgré l’importance de ces négociations pour l’avenir de la profession et pour la préservation de l’accès aux soins sur le territoire, nous ne constatons aucune avancée notable », déplorent les deux syndicats. Pire, « réunion après réunion, l’Assurance maladie fait la sourde oreille et les décideurs sont aux abonnés absents, alors que la FSPF et l’Uspo formulent des propositions indispensables à la survie de l’officine », dénoncent-ils dans leur communiqué.
Difficultés économiques
Ils soulignent également que les pharmaciens « sont en première ligne pour répondre aux problématiques actuelles d’accès aux soins, de pénuries de médicaments et de désertification médicale », tout en étant « confrontés à des difficultés économiques sans précédent ». C’est pourquoi ils attendent, plus que jamais, « des propositions concrètes » et, surtout, « un investissement financier à la hauteur de leur engagement », notamment par une « réelle évolution économique des nouvelles missions, comme la vaccination ».
Pour la FSPF comme pour l’Uspo, il est aujourd’hui indispensable de s’attaquer aux sujets prioritaires car « cette négociation conventionnelle déterminera l’avenir du réseau mais également l’attractivité du métier pour les générations futures de pharmaciens ». C’est pourquoi « l’urgence est de réarmer psychologiquement et matériellement le réseau officinal, bien plus que de promouvoir la vente des médicaments sur Internet », concluent les deux syndicats d’une seule voix.