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Transactions
Entre obligations et bon sens
Au moment de signer l’offre ou la promesse de vente, l’acquéreur d’un fonds de commerce d’officine doit se poser la question de savoir quels contrats il sera tenu de reprendre à son vendeur.
Par Camille Jourdan
•8 avril 2024
« En application d’une disposition d’ordre public du Code du travail, tous les contrats de travail attachés à l’exploitation du fonds de commerce devront être impérativement repris, rappelle Guillaume Varga, avocat du cabinet Havre Tronchet. Aucun tempérament n’est envisageable. Mais rien n’interdit les démissions ou les ruptures conventionnelles avant la prise de possession. » De même, au jour du transfert de propriété, les assurances souscrites se poursuivent automatiquement et de plein droit, la convention passée entre les parties ne peut aller à l’encontre de cette disposition. « Il faudra alors attendre les échéances annuelles pour résilier les contrats en respectant les préavis de résiliation », indique Jean-Christophe Leuret, associé chez le courtier La Pharmaceutique Assurances. Pour le reste, il n’y a pas d’obligation de reprise des autres contrats en cours (leasing, location longue durée, maintenance ou entretien), comme l’a confirmé la Cour de cassation dans une décision du 4 mars 2020, dans laquelle elle indiquait « que la cession d’un fonds de commerce n’emporte pas, sauf exceptions prévues par la loi, la cession des contrats liés à l’exploitation de ce fonds ». Les contrats repris devront être bien individualisés dans la promesse de vente. Néanmoins, il convient d’être pragmatique. « En effet, si aucun contrat n’est repris, l’informatique, le mobilier ou la croix et l’enseigne devront être retirés puisqu’ils ne font pas partie de la cession », prévient l’avocat. Dès lors, l’acquéreur risque de se retrouver démuni pour le premier jour de son exploitation. De même, le vendeur peut souhaiter que ses contrats soient repris afin de ne pas avoir à les solder à la suite de la cession. « Dans les faits, une acquisition s’accompagne le plus souvent d’une reprise de la quasi-totalité des contrats du cédant, mais rien n’empêche une négociation entre les parties pour qu’un ou plusieurs contrats soient retirés de l’opération d’acquisition », ajoute-t-il. En outre, « la reprise éventuelle par l’acquéreur des contrats en cours (leasing sur le matériel…) peut être un élément de négociation du prix du fonds au vu des montants des contrats et surtout des dates de fin qu’il conviendra d’analyser », indique François Gillot, expert-comptable du cabinet CAAG.