Expérimentations à succès
À l’heure où Osys se prépare à la généralisation, d’autres expérimentations, dites « article 51 », impliquant l’officine se démarquent.
Par Mélanie Mazière
•4 décembre 2025
Si Iatroprev n’a pas obtenu sa généralisation malgré de bons résultats, le projet mené par les CHU de Lille et d’Amiens pour prévenir le risque iatrogène de la personne âgée n’est pas abandonné pour autant. Il revient sous une nouvelle forme, Iatroprev 2, avec une cible populationnelle élargie. Lancé le 1er juillet dernier pour 3 ans, dans 3 régions supplémentaires et 33 établissements au total, il est doté d’un budget de 1,3 million d’euros et a été travaillé avec les équipes des autres expérimentations visant la iatrogénie, Octave et Medisis.
Les professionnels impliqués sont rémunérés par un forfait de 265 euros par patient, réparti entre le binôme hospitalier gériatre/pharmacien (125 euros), le médecin traitant (30 euros), le pharmacien d’officine (30 euros) et le gestionnaire du parcours coordonné entre la ville et l’hôpital (80 euros). Les consultations médicales de déprescription, les bilans partagés de médication et la télé-expertise restent financés dans les conditions prévues par le droit commun.
L’expérimentation nationale Onco’Link, vient, pour sa part, de recevoir l’aval des autorités. Soutenue par Unicancer, en partenariat avec l’AP-HP, les Hospices civils de Lyon et plusieurs URPS pharmaciens, celle-ci porte sur la coordination entre oncologues hospitaliers et pharmaciens d’officine pour améliorer le suivi à domicile des patients sous anticancéreux oraux. Lancé en 2020, le dispositif, qui a inclus près de 13 500 patients, a fait collaborer 40 sites hospitaliers ou cliniques, « entre 10 000 et 15 000 pharmacies [et] entre 10 000 et 15 000 médecins ». Le ministère de la Santé a salué les résultats obtenus en matière d’observance et d’amélioration du confort de vie chez les patients suivis, de positionnement du pharmacien d’officine, de consolidation de l’organisation interne hospitalière et de coordination hôpital-ville.
Parcours spécifiques
Quant à AKO@dom-Picto, développée dans le Grand Est depuis juillet 2021, elle a le même objectif qu’Onco’Link mais propose en plus un parcours tourné vers l’infirmier libéral. Elle a inclus 15 établissements, 1 147 pharmaciens d’officine, 1 583 infirmiers libéraux, 664 médecins de ville et 1 772 patients. Pour le comité technique de l’innovation en santé (CTIS) et le Conseil stratégique de l’innovation en santé (CSIS), la réponse apportée par Onco’Link et AKO@dom-Picto « permet de renforcer l’observance et la persistance du traitement pour les patients accompagnés, de mieux gérer la survenue d’effets indésirables et d’améliorer la qualité de vie et l’autonomie du patient ». Les deux entités chargées d’évaluer les expérimentations saluent l’émergence de parcours spécifiques de prise en charge des patients atteints d’un cancer sous thérapies orales et préconisent de conjuguer les enseignements des expérimentations Onco’Link et AKO@dom-Picto « pour aboutir à un cadre de sortie unique ». Leur généralisation est donc actée, après une phase transitoire de 18 mois.
À ce jour, 48 expérimentations ont reçu un avis favorable à leur entrée dans le droit commun sur les 102 arrivées à terme parmi les 164 autorisées (sur plus de 1 260 dossiers).