Frédéric Abécassis : un pharmacien « en colère »
Président du syndicat des pharmaciens de l’Hérault et de la Fédération pharmaceutique méditerranéenne (Fedmed), Frédéric Abécassis se veut être « le poil à gratter de la profession », en portant les messages de façon originale et percutante.
Par FSPF
•12 avril 2021
Frédéric Abécassis achève ses études de pharmacie à la faculté de Montpellier en 1989. Il part ensuite accomplir son devoir militaire, avant de passer sa thèse deux ans plus tard. « À la fin de mon service militaire, j’ai eu une première expérience dans la répartition pharmaceutique, au sein d’Alliance Santé. J’ai été directeur adjoint d’une agence à Avignon pendant six mois, puis je suis revenu vers l’officine », indique-t-il.
Le jeune pharmacien effectue alors quelques remplacements, mais avec l’objectif de s’installer dès que possible : « J’avais envie d’être le chef de ma propre entreprise, mais aussi d’être au contact des patients. » Il s’installe finalement en 1994 à Roujan, un village de l’Hérault de 2 500 habitants. Rapidement, l’engagement syndical l’attire. « À la faculté, je faisais déjà partie d’associations étudiantes. J’ai toujours eu un intérêt pour la vie publique, la vie politique au sens noble. »
Apporter sa pierre à l’édifice
Devenu titulaire, il a donc tout naturellement envie de se mettre au service de la profession. En 1999, Frédéric Abécassis est élu au conseil d’administration du syndicat des pharmaciens de l’Hérault ; en 2002, il en devient le président. À la tête, depuis neuf ans, de la Fédération pharmaceutique méditerranéenne (Fedmed), il a également présidé l’URPS Languedoc-Roussillon pendant cinq ans (devenu depuis l’URPS Occitanie à la suite de la fusion des régions).
« Accomplir des activités syndicales me permet d’avoir une ouverture d’esprit, de rencontrer d’autres personnes, de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice et de ne pas critiquer sans essayer d’être actif, explique t-il. Le but de mon engagement est de faire entendre la voix de la base. » Depuis ses débuts dans le syndicalisme pharmaceutique, il suit de près l’évolution de la profession et tous ses combats. « Il y a eu le passage à l’euro, le droit de substitution, l’arrivée des honoraires. Mais nous avons aussi dû faire face aux attaques de la grande distribution contre le monopole de dispensation. »
Site contestataire
Décidé à ne pas se laisser faire, le syndicat des pharmaciens de l’Hérault créé alors le site internet « Pharmaciens en colère », qui doit rapidement réunir, pour l’administrer, une équipe d’une quinzaine de pharmaciens répartie sur toute la France et appartenant à différents syndicats. « En 2007, c’était moins courant de faire pression via Internet. Il est devenu le site contestataire des pharmaciens », rappelle-t-il.
Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de cette année-là, les « Pharmaciens en colère » demandent à tous les candidats de se positionner sur le maintien ou non du monopole pharmaceutique. « Nous avons été entendus et Nicolas Sarkozy nous a même envoyé un courrier pour nous garantir son maintien, s’il était élu. Nous avions réussi à faire en sorte qu’on parle des pharmaciens », se félicite Frédéric Abécassis.
Interventions innovantes
Autre action coup de poing : l’opération « Des petits pois en officine ». « Nous avions mis en rayon des boîtes de petits pois dans des pharmacies pour montrer l’absurdité d’autoriser les grandes surfaces à vendre des médicaments », raconte le président du syndicat des pharmaciens de l’Hérault, qui a aussi organisé un survol des plages par des avions tirant des banderoles estampillées « L’État ne respecte pas ses engagements, pharmacies en danger ».
Frédéric Abécassis a également participé au développement de l’application push Illiwap pour communiquer encore plus directement via smartphone avec ses confrères qui croulent sous des tonnes de courriels. « Nous aimons utiliser des moyens de communication innovants. Nous avons toujours essayé d’être le poil à gratter de la profession en essayant de porter les messages de façon un peu différente, avec une grande autonomie d’action, souligne l’élu. Nous avons toujours voulu être proches des officinaux et faire en sorte qu’il n’y ait pas de rupture entre les instances et les pharmaciens. »