Guillaume Dessard : lanceur d’alerte pour la défense des pharmaciens
Titulaire en Haute-Savoie, Guillaume Dessard est président de la FSPF du département. Son bureau a récemment adressé un courrier à Emmanuel Macron lui demandant de faire preuve d’une plus grande considération à l’égard des pharmaciens engagés dans la lutte contre le coronavirus.
Par FSPF
•15 mai 2020
Ouverture des parapharmacies considérées comme des commerces indispensables, vague d’inspections de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), valse-hésitation dans la date butoir pour le renouvellement exceptionnel des ordonnances ou encore la « mascarade » des masques de protection : le président de la FSPF de Haute-Savoie, Guillaume Dessard, est en colère contre la gestion de la crise du coronavirus par les pouvoirs publics et le manque de considération envers les pharmaciens.
Avec les membres du bureau du syndicat départemental, rejoint par le syndicat régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, également rattaché à la FSPF, il a décidé de porter l’exaspération des confrères jusqu’au sommet de l’État en adressant un courrier directement au président de la République. « La pharmacie a besoin d’être défendue, d’être mise en avant. Nous devons montrer que nous sommes là et que nous ne sommes pas seulement des marchands de boîtes », revendique-t-il.
Un engagement de longue date
Né à Troyes en 1970, Guillaume Dessard choisit de se tourner vers des études de pharmacie car il apprécie le côté « service à la personne, métier de santé et contact permanent avec les gens, ainsi que l’impression de servir à quelque chose ». Diplômé de la faculté de pharmacie de Reims en 1996, il s’installe pour la première fois à Besançon en 1999.
Depuis 2006, il est titulaire d’une officine à Cranves-Sales (Haute-Savoie), en périphérie d’Annemasse. Son engagement syndical commence en 2000, lorsqu’il devient adhérent de la FSPF à Besançon. « J’avais besoin de ne pas travailler seul au quotidien et de pouvoir partager avec les confrères », explique-t-il. Rapidement élu secrétaire, il apporte son soutien logistique aux actions du bureau.
Un courrier au chef de l’Etat
Lorsqu’il arrive en Haute-Savoie, il participe au conseil d’administration de la FSPF presque tout de suite, puis devient trésorier pendant trois mandats entre 2009 et 2017. Il est ensuite élu président départemental en 2017 et le restera jusqu’en 2019. Depuis l’an dernier, il partage la présidence avec Caroline Reme. Il est également coprésident du syndicat des pharmaciens de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
« Depuis quatre ans, mon rôle est d’animer le groupe et de le faire vivre. C’est trop facile de critiquer quand on ne participe pas. On a le droit de se tromper, mais au moins on fait quelque chose. En m’engageant, je ne pourrai pas regretter de ne pas avoir agi », explique le responsable syndical. C’est dans cet esprit qu’il a décidé d’interpeller le chef de l’État pour exprimer le malaise de la profession en pleine crise du Covid-19. Le courrier dénonce notamment « des consignes incohérentes, voire contradictoires et souvent injustes » ainsi qu’un « manque cruel de moyens » mis à la disposition des pharmaciens.
Retours positifs
« Tous les soirs, à 20 h, les soignants sont remerciés, mais les pharmaciens sont oubliés, déplore-t-il. C’est dommage car nous sommes là, nos équipes répondent présent et sont blessées par ce mépris quotidien. » Un sentiment partagé par de nombreux officinaux. « Notre démarche a reçu des retours très positifs, se félicite-t-il. Les pharmaciens sont 100 % d’accord avec cette lettre qui exprime le ressenti de toute la profession. »
Depuis l’envoi de ce courrier, il note que la situation a tout de même un peu évolué. « Nous avons obtenu des masques pour les préparateurs auxquels ils n’avaient pas droit auparavant et le ministre de la Santé, Olivier Véran, remercie désormais les pharmaciens pour leur engagement dans la crise sanitaire lors de ses prises de parole. » Toutefois, souligne-t-il, même s’il est important « de se rappeler que les pharmacies existent en temps de crise, il serait bon de s’en rappeler aussi après… »