Julien Chauvin : ne rien lâcher
Engagé à la FSPF depuis 2008, Julien Chauvin a été responsable Utip pendant plusieurs années, puis coprésident du syndicat des pharmaciens d’Indre-et-Loire. Il vient d’être élu nouveau président de la commission Études et Stratégies économiques.
Par FSPF
•13 juillet 2022
Pour Julien Chauvin, l’officine, c’est d’abord une affaire de famille. « Mon arrière-grand-mère était une des premières femmes diplômées en pharmacie de France, son mari était également pharmacien, de même que de nombreux membres de ma famille », déclare-t-il en se souvenant avoir « baigné dedans » toute son enfance puisque, petit, il jouait « avec des boîtes vides et des tampons de l’officine ».
Diplômé de la faculté de pharmacie de Tours en 2006, il a travaillé pendant deux ans en tant qu’adjoint, puis a racheté l’officine familiale de la cité ligérienne où il exerce toujours. Il s’est très tôt engagé à la FSPF tout en prenant des fonctions de responsable à l’Utip formation continue. « Nous avons mis en place des enseignements postuniversitaires pour les confrères d’Indre-et-Loire ainsi que des formations, sans aucune participation des laboratoires, ce qui nous laissait une grande liberté de choix dans les thèmes et leur traitement », explique Julien Chauvin. Les sessions en soirée rassemblaient jusqu’à 100 personnes ; elles lui ont permis de « rencontrer de très nombreux confrères de tout le département et [ont] renforcé [sa] conviction de vouloir travailler pour le syndicat ».
Revalorisation pour tous
Pendant trois ans, à partir de 2018, il a été coprésident du syndicat des pharmaciens d’Indre-et-Loire avant d’en prendre seul la tête en 2021. « En parallèle, depuis 2012, je participais régulièrement aux réunions régionales de la FSPF dont j’ai intégré la commission Économie, alors présidée par Philippe Besset. » Dix ans plus tard, c’est désormais l’élu tourangeau qui est aux manettes. Son objectif principal est de réclamer une revalorisation pour l’ensemble des confrères : « À long terme, nous voulons une rémunération qui nous déconnecte encore plus des baisses de prix et nous rend moins dépendants des lois de financement de la sécurité sociale. »
Mais à court terme, l’inflation a déjà des conséquences importantes sur l’économie officinale. « Durant l’année 2022, nous avons augmenté de 6 % les salaires de nos équipes. C’est une très bonne chose, pour autant, en parallèle, aucune hausse de la rémunération n’est prévue pour les titulaires, alors que cette mesure va nous coûter 360 millions d’euros », pointe-t-il. Il appelle donc de ses vœux une revalorisation des actes et une indexation sur l’inflation. « La situation économique pour le premier trimestre 2022 est plutôt bonne, mais elle est surtout liée aux actes Covid, en particulier les tests antigéniques. Or, toutes les pharmacies en France n’en ont pas bénéficié et il est injuste qu’elles soient pénalisées. De plus, lorsque les chiffres du deuxième trimestre tomberont, on se rendra compte que les charges et la masse salariale se sont accrues, mais que les revenus liés aux médicaments ne suivent pas », assure-t-il. Selon lui, il est indispensable de « rééquilibrer les choses et ne pas laisser de pharmaciens sur le bord de la route ».
En raison de l’actuel cycle électoral au niveau national, les représentants syndicaux n’ont plus d’interlocuteurs pour le moment, ce qui complique d’autant plus le dialogue : « Il nous faut attendre la rentrée pour espérer lancer des négociations. S’il est inutile de se faire des illusions, il ne faut en revanche rien lâcher. »