Actus • Vaccination

Le financement bien grippé

Alors que la campagne de vaccination contre la grippe bat son plein dans les officines, les fonds alloués sont déjà à sec !

Par Anne-Laure Mercier

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6 décembre 2017

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© fotolia_Petr Malyshev
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au 21 novembre, l’Ordre des pharmaciens comptabilisait exactement 108 086 vaccinations contre la grippe effectuées par près de 4 939 titulaires et adjoints, exerçant dans 2 756 officines, le tout en l’espace d’à peine deux mois. Un franc succès pour cette expérimentation. Lors de la 30e Journée du Conseil national de l’ordre des pharmaciens organisée le 20 novembre, la ministre de la Santé Agnès Buzyn déclarait ainsi que ces premiers résultats « encouragent à l’extension de l’expérimentation à d’autres régions » que Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes, et que « la cible vaccinale pourra être discutée » pour étendre les populations visées. Sauf qu’en coulisses la profession grince des dents…

Fonds insuffisants

L’enveloppe financière allouée à cette première saison d’expérimentation a initialement été fixée à 250 000 euros pour chaque région, que doit verser aux agences régionales de santé (ARS) le fonds d’intervention régional dont les ressources proviennent notamment de l’Assurance maladie et de l’État. Enveloppe qui doit, rappelons-le, rémunérer les pharmaciens à l’issue de la campagne s’ils ont réalisé au moins cinq injections. C’est leur Union régionale des professionnels de santé (URPS) qui leur réglera la somme due, après avoir signé une convention avec l’ARS compétente. Sauf que le président de l’URPS pharmaciens Nouvelle-Aquitaine, François Martial, calculait déjà avoir atteint les 366 000 euros au 20 novembre. Menaçant d’arrêter l’expérimentation devant « l’évident manque de fonds », il en a alerté l’ARS, dont le directeur général se montre tout à fait solidaire, raconte-t-il. ARS et URPS se sont donc rapidement tournées vers le ministère de la Santé. Au 24 novembre, la nouvelle enveloppe se montait à 400 000 euros pour la Nouvelle-Aquitaine. Une excellente nouvelle si, entre-temps, le nombre d’injections pratiquées sur le terrain n’avait pas continué d’augmenter… François Martial calculait ainsi, à cette même date, avoir déjà dépassé la nouvelle dotation : 406 309 euros étaient ainsi dus. Et la campagne de vaccination antigrippale n’est pas terminée… Pour ce qui est d’Auvergne-Rhône-Alpes, la région aurait reçu une proposition de 610 000 euros de dotation quand elle en était déjà à 660 000 euros dus aux équipes officinales. Les négociations sont donc ardues, non sans amertume quand les pharmaciens, eux, n’ont pas hésité une seconde à se mobiliser.
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