Le renforcement du rôle de l’officine
Réduction du risque sanitaire, accompagnement des patients, optimisation des pratiques officinales, engagement environnemental… Laurence Bouret, déléguée générale de Dastri, revient sur les bénéfices concrets apportés par la filière.
19 juin 2026
Comment les pharmaciens et Dastri contribuent-ils ensemble à améliorer la prise en charge des patients ?
La collecte des dispositifs médicaux perforants fait désormais pleinement partie du métier de pharmacien. Inscrite dans le Code de la santé publique, cette mission d’intérêt général répond à un besoin concret des patients en autotraitement : prendre en charge leurs déchets de soins de manière simple, gratuite et . Proposé par les pharmacies en collaboration avec Dastri, ce service repose sur un modèle unique en Europe. En effet, dans de nombreux pays, les patients doivent encore gérer et financer eux-mêmes la fin de vie de leurs dispositifs médicaux.
Cette organisation répond également aux préoccupations environnementales croissantes des patients, notamment de ceux concernés par des pathologies chroniques. Le cadre législatif et réglementaire permet déjà le recyclage des Dasri avec électronique. Là encore, cette démarche est unique en Europe et contribue à répondre à l’éco-anxiété exprimée par certains patients.
Comment cette filière crée-t-elle de la valeur pour les pharmaciens ou leur simplifie-t-elle le quotidien ?
Depuis plus de trois ans, nous les accompagnons dans la gestion des déchets issus de la vaccination, avec une prise en charge intégrée à un circuit mutualisé avec celui des patients. Ce dispositif évite la mise en place d’un circuit spécifique, limite les contraintes de stockage et fait gagner du temps aux professionnels, tout en les accompagnant dans leur mise en conformité réglementaire pour l’élimination de leurs propres déchets d’activités de soins. Nous les soutenons aussi dans leurs démarches écoresponsables, à travers des actions de formation, des outils pédagogiques et des projets d’innovation développés avec la profession. Un MOOC est notamment proposé autour du fonctionnement de la filière, des bonnes pratiques et de l’impact environnemental du secteur de la santé auquel les pharmaciens participent financièrement à titre symbolique (50 euros par an et par pharmacien).
Nous contribuons également à renforcer leur rôle dans l’accompagnement de proximité et la santé publique. Lors du retour des boîtes DASTRI, le patient peut échanger sur le suivi de sa pathologie et bénéficier de conseils qui se prolongent au-delà du soin lui-même.
Comment prépare-t-elle les enjeux de demain ?
La filière répond d’abord à un enjeu majeur de sécurité des soins. Le rôle des pharmaciens, formés au risque sanitaire, est essentiel pour sécuriser la prise en charge des dispositifs perforants et contribuer à la prévention des accidents d’exposition au sang. De plus, nous inscrivons notre action dans une démarche visant à réduire toujours davantage l’impact des déchets de soins. Plusieurs expérimentations vont dans ce sens, notamment le programme RECYPEN, consacré au recyclage des stylos injecteurs utilisés par les patients diabétiques. Nous allons en outre commencer à travailler avec les pharmaciens sur des solutions destinées à réduire les contraintes d’espace associées au stockage des déchets en officine. Une expérimentation, attendue par les pouvoirs publics et imposée à Dastri dans son cahier des charges d’agrément, doit prochainement démarrer.
Plus largement, nos projets dépassent les seuls enjeux sanitaires et environnementaux. Recycler les plastiques ou certains matériaux stratégiques, c’est aussi permettre à ces ressources de rester sur le territoire national ou européen, dans une logique d’indépendance et de souveraineté. Ces sujets concernent les patients, les pharmaciens, les entreprises et l’ensemble des citoyens.