Les effets négatifs de l’avenant n° 11
La FSPF tire le bilan du premier trimestre de l’avenant n° 11, et il est négatif. Fort de ces chiffres, le syndicat réclame l’ouverture de négociations avec l’État.
7 mai 2018
Mi-avril s’est tenue la première réunion de l’Observatoire de la rémunération officinale, qui réunit syndicats et Assurance maladie avec pour objectif de décrypter les hausses et les baisses de l’économie de la profession. Cette réunion était très attendue après la signature, en juin 2017, de l’avenant n° 11 par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo). Ce que la FSPF a refusé de faire, craignant une érosion non compensée de la marge des pharmacies, due en particulier aux baisses de prix à répétition des médicaments. Or, selon les estimations pour le premier trimestre 2018, l’avenant n° 11 ne tient pas ses promesses : il manque « sur ce trimestre 27,6 millions d’euros par rapport aux promesses des signataires, malgré une stabilité du chiffre d’affaires liée à la croissance des ventes de médicaments chers », regrette la FSPF dans un communiqué diffusé le 19 avril dernier. Ce n’est pas tout, le syndicat enfonce le clou en regrettant que « l’avenant n° 11 signé en juillet dernier n’ait pu empêcher une perte de 170 millions d’euros en 2017, alors que la précédente convention signée en avril 2012 avait permis d’apporter plus de 90 millions d’euros l’année même de sa signature ».
Des chiffres positifs entre 2012 et 2016
D’autres chiffres ont retenu l’attention du syndicat majoritaire de la profession, et ils concernent les années 2011 à 2017, soit approximativement la période couverte par la précédente convention signée en mai 2012 par la FSPF. En 2011, le total de la rémunération suivie par l’Assurance maladie était de 6,375 milliards d’euros. Un chiffre en progression en 2012 à 6,467 milliards et en 2016 à 6,673 milliards, soit près de 300 millions d’euros de plus qu’avant la mise en place de la convention de 2012. « Les résultats présentés par l’Assurance maladie confirment donc l’évolution positive de la rémunération tout au long de la précédente convention, contrairement à ce qui a pu être régulièrement affirmé », résume le syndicat.
Si l’on revient aux chiffres économiques de début 2018 – un manque de 27,6 millions d’euros sur le premier trimestre –, le constat est amer pour la FSPF. Non seulement parce que les performances économiques ne sont pas au rendez-vous mais parce que, de surcroît, ces baisses ne pourront pas être compensées grâce au déclenchement de la fameuse clause de sauvegarde. Et ce, pour une raison simple : si l’avenant n° 11 signé en juillet dernier par l’Uspo prévoit bien qu’un tel mécanisme soit déclenché au cas où la rémunération du réseau officinal subirait une perte de plus de 1 % par rapport à l’année 2016, il y a un hic. En effet, regrette le syndicat majoritaire, « les signataires [Uspo et Assurance maladie, NDLR]ont prévu que cette clause de sauvegarde ne pourrait être appliquée qu’à compter de 2021 », soit dans trois ans ! Trop tard pour la FSPF, qui craint que les pertes du réseau officinal dépassent d’ores et déjà ce seuil fatidique, et ce, « malgré l’apport des 70 millions d’euros de cet avenant pour 2018 ». La conclusion est évidente pour le syndicat, qui réitère sa demande d’ouverture de négociations avec les services de l’État.