Les salariés rejettent la proposition de la FSPF
La commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation (CPPNI) du 16 septembre dernier n’a pas permis d’aboutir sur les négociations salariales. Prochaine tentative le 18 octobre.
6 octobre 2024
La FSPF a présenté une proposition « inédite » lors de la dernière réunion de la CPPNI, à savoir une revalorisation différenciée. Concrètement, elle a émis l’idée d’une augmentation de 2 % pour les salariés non cadres et de 1 % pour les cadres. Le but : « Améliorer plus fortement le pouvoir d’achat des salariés non cadres dont les niveaux de rémunération les exposent davantage aux effets de l’inflation. » Ainsi, à titre d’exemple, sur la base d’un coefficient 250 de préparateur et d’un coefficient 500 de pharmacien, « cette augmentation différenciée aurait permis d’octroyer, dans les deux cas, une revalorisation identique de 38 euros bruts par mois ».
Concilier les intérêts
Le principe même de la revalorisation différenciée n’a pas remporté les suffrages des représentants de salariés. Face au rejet de cette première piste, la FSPF a alors proposé une revalorisation de la valeur du point conventionnel de salaire de 1,2 % pour l’ensemble des salariés, « tout en rappelant également ses propositions en matière d’accélération des débuts de carrière pour les emplois de préparateur en pharmacie et de pharmacien adjoint dans le cadre des négociations relatives aux classifications ». Là encore, les organisations syndicales de salariés ont balayé cette offre, la jugeant insuffisante. « Alors qu’en juillet 2023, la précédente revalorisation des salaires s’élevait à 3 %, la FSPF tient à redire que, dans un contexte politique et social incertain, et alors que l’Insee annonce une inflation ramenée à 1,8 % sur un an, une telle proposition représente un effort conciliant les intérêts des salariés et l’impératif de soutenabilité économique pour les entreprises officinales. » Mais ce n’est pas l’avis des syndicats de salariés. D’ailleurs, une semaine avant cette rencontre entre syndicats d’employeurs et de salariés, Force ouvrière (FO) avait fait savoir par voie de presse qu’elle réclamait une hausse du point de 6 %.
La proposition mise sur la table par l’autre syndicat de titulaires n’étant pas mieux disante, elle a également été rejetée. De son côté, la FSPF indique qu’elle « regrette le choix des organisations syndicales de salariés de poursuivre le blocage du dialogue social de la branche, pénalisant de ce fait employeurs comme salariés, sur l’ensemble des sujets de négociation dès lors mis en suspens ».
Trouver un accord
Il reste néanmoins possible de trouver un accord, une nouvelle réunion de la CPPNI étant programmée le 18 octobre. « Nous allons essayer d’obtenir une proposition concertée de la chambre patronale pour éviter d’avoir une année blanche en 2024 », indique le président de la FSPF, Philippe Besset. Optimiste, il souligne « l’esprit de responsabilité » qui anime tant les syndicats d’employeurs que de salariés et la nécessité d’avancer sur le sujet. En effet, signale-t-il, « un bon nombre de coefficients de la grille de la pharmacie d’officine restent en dessous du Smic, évidemment rémunérés au Smic puisqu’il est interdit de payer moins, mais nous devons absolument réussir à sortir de cette situation ».