Lucie Bourdy-Dubois : défendre les acquis et gagner du terrain
Nouvelle entrante au bureau de la FSPF en tant que présidente de la commission Métier pharmacien, Lucie Bourdy-Dubois entend défendre les piliers de l’officine et participer au déploiement de la nouvelle convention tout en soutenant des avancées pour la profession.
Par FSPF
•10 mai 2022
Diplômée en 2004, Lucie Bourdy-Dubois a d’abord réalisé des remplacements et exercé en tant qu’adjointe, avant d’acheter une pharmacie avec son mari en 2008 à Varennes-Vauzelles (Nièvre), près de Nevers. « Je suis très reconnaissante car les pharmaciens chez qui j’ai exercé m’ont tous beaucoup appris et apporté d’un point de vue professionnel », souligne-t-elle.
En 2020, entre deux vagues Covid, elle a repris seule une pharmacie en milieu rural, à Saint-Pierre-le-Moûtier, toujours dans la Nièvre. « L’une de mes motivations était de montrer à mes trois filles qu’il est normal qu’une femme entreprenne seule », confie-t-elle. Grâce à l’expérience acquise avec sa première officine, elle n’a heureusement pas eu trop de difficultés à reprendre cette nouvelle pharmacie, malgré le contexte sanitaire délicat. Et l’exercice en milieu rural lui plaît particulièrement : « C’est très agréable car il s’agit d’une population variée. Je suis face à une patientèle d’habitués que je livre parfois à leur domicile et avec laquelle je peux donc effectuer un suivi plus approfondi. Cet environnement permet également de nouer davantage de liens avec les médecins et les infirmières. »
Syndiquée depuis les années 2010, elle siège en commission paritaire locale pharmaciens et fait toujours partie des commissions paritaires régionales pharmaciens et pluriprofessionnelle. Membre du conseil d’administration de la FSPF depuis trois ans, elle est aussi coprésidente du syndicat de la Nièvre depuis juin 2021. Elle vient d’entrer au bureau de la FSPF, en tant que présidente de la commission Métier pharmacien.
Mener le combat de la dispensation protocolisée
« Mes objectifs sont de déployer la nouvelle convention et de défendre les piliers de l’officine, le monopole, la propriété et le maillage », énumère Lucie Bourdy-Dubois. Elle juge par ailleurs que « la dispensation protocolisée est indispensable pour la population » et veut « mener ce combat au sein de la FSPF ». Concernant la cystite par exemple, « la convention nous autorise à réaliser une bandelette urinaire pour déterminer si un antibiotique est nécessaire ou pas. Mais il serait encore plus intéressant de pouvoir le délivrer grâce à la dispensation protocolisée, afin d’être moins dépendants de la présence médicale autour de la pharmacie ».
Même si elle reconnaît qu’il n’y a pas de désert médical près de son officine, elle pointe les difficultés de ses confrères et consœurs exerçant à Nevers. « De plus en plus de Nivernais n’ont plus de médecin traitant. Il est très compliqué d’obtenir un rendez-vous et de joindre les secrétariats qui sont d’ailleurs de plus en plus rares », regrette-t-elle, pointant le fait que « c’est vraiment très difficile, voire frustrant pour les pharmaciens quand ils reçoivent un patient qui a un problème dont ils connaissent la solution et pour lequel ils ont le médicament à portée de main, sans pouvoir le délivrer ».
Convaincue par l’intérêt de l’interprofessionnalité, Lucie Bourdy-Dubois est en train de créer une CPTS avec sept autres professionnels de santé de son département. « Nous travaillons avec des médecins, des infirmiers, un kinésithérapeute et un pédicure-podologue », explique la titulaire qui constate par ailleurs que, sur le terrain, les médecins « ne veulent pas déléguer la dispensation aux pharmaciens. Ils ont du mal à lâcher leurs prérogatives alors qu’il faut pourtant trouver une solution afin que la population puisse être soignée ».