Officines en territoires fragiles, quelles solutions ?
Thème de la 6e réunion de travail des négociations conventionnelles, la problématique des officines en territoires fragiles pose deux questions. Quels sont ces territoires ? Quels leviers actionner pour rendre attractives les officines qui s’y trouvent ?
8 mars 2024
C’est l’un des points forts de la négociation sur l’avenant économique : la prise en compte, dès la lettre de cadrage du ministre de la Santé – Aurélien Rousseau à l’époque – des pharmacies situées dans des territoires fragiles. « Le maillage pharmaceutique et l’accès aux médicaments, dans tous les points du territoire et de la même manière pour tous les Français, est un sujet majeur pour la FSPF », rappelle son président, Philippe Besset.
Un décret en préparation
Dans ce contexte, la réunion de travail entre Cnam et syndicats du 22 février dernier a porté sur deux questions. En premier lieu : quels sont les territoires fragiles ? « Sur ce point, un décret est en préparation par la Direction générale de l’organisation des soins (DGOS). Nous avons rejeté une précédente version l’été dernier car elle ne répondait pas à nos attentes. Avec ce décret, nous saurons quelles sont les pharmacies concernées. J’insiste d’ailleurs sur le fait que nous parlons ici de territoires qui sont fragiles et non d’officines. À ce stade, entre 600 et 1000 officines seraient installées dans ces zones identifiées comme à risque », indique Philippe Besset.
Un nombre significatif qui correspondrait à la zone de chalandise de 3 à 5% de la population française, soit des patients actuellement à 10-15 minutes de leur officine qui se retrouveraient à 30 minutes ou plus de la première pharmacie si l’actuelle baissait le rideau.
Renforcer l’assise économique
Conformément à la convention pharmaceutique signée en mars 2022, l’Assurance maladie a présenté aux syndicats un plan de soutien de ces officines. « Elle propose des moyens de type forfaitaire, par exemple via la prise en charge d’un temps de pharmacien adjoint ou de préparateur, ou encore par des majorations ou forfaits permettant de renforcer l’assise économique des pharmacies concernées, détaille le président de la FSPF, qui se dit favorable à cette première piste. Ces forfaits seraient définis pour un temps donné et reconductibles en fonction du bilan des pharmacies. »
Une problématique complexe
L’Assurance maladie ne s’arrête pas là et étudie une autre possibilité. « Il s’agit cette fois d’utiliser les fonctions spécifiques de ces pharmacies pour leur donner une activité supérieure. La Cnam évoque par exemple un forfait permettant d’utiliser de façon rentable la télémédecine, la téléexpertise du pharmacien, voire l’intervention du pharmacien en Ehpad. D’autres idées sont également sur la table. »
Les différentes propositions de la Cnam sont d’autant plus saluées par la FSPF que le syndicat reconnaît la complexité inhérente à la résolution de cette problématique. « On retient la volonté de l’Assurance maladie de s’y attaquer malgré tout. »