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PLFSS 2021 : stop aux sanctions financières !

Répondre à la crise sanitaire tout en finançant les engagements du « Ségur de la santé », tels sont les principaux objectifs du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2021. Le poste Médicament est une nouvelle fois mis à contribution.

Par FSPF

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10 novembre 2020

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Le PLFSS pour 2021, dont l’examen par le Parlement a démarré, s’inscrit dans un contexte particulier lié à la pandémie de Covid-19. « Les mesures de régulation intégrées à la construction de l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) 2021 s’élèvent à 4 milliards d’euros et visent à poursuivre l’amélioration de l’efficience du système de santé sans peser sur la réponse à la crise et les besoins de transformation des acteurs de santé », explique le gouvernement.

Ce dernier a donc décidé de desserrer l’étau sur les prix des médicaments et des dispositifs médicaux. « La crise liée à la pandémie de Covid-19 a mis en lumière la nécessité d’alléger l’effort de régulation pesant sur les produits de santé, tant pour préserver l’approvisionnement en médicaments anciens, dont l’utilité a été plus que démontrée, que pour tenir compte des effets de la diminution de l’activité constatée dans les entreprises de dispositifs médicaux », souligne l’exécutif.

Évaluer l’impact des PLFSS

Quoi qu’il en soit, l’ardoise n’est pas pour autant effacée et le PLFSS 2021 prévoit bel et bien de nouvelles baisses de prix sur les médicaments à hauteur de 640 millions d’euros (contre 920 millions en 2020) et de 150 millions d’euros sur les dispositifs médicaux (contre 200 millions l’an passé). Des réductions tarifaires qui ne seront pas compensées et qui vont une nouvelle fois peser sur les officines.

Une perspective qui inquiète la FSPF. Devant la commission des comptes de la Sécurité sociale réunie le 29 septembre, son président, Philippe Besset, a expressément demandé que soit fournie au Parlement une étude d’impact sur l’économie de l’officine des mesures du PLFSS 2021, mais aussi de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) 2020, « afin que soient prises les mesures correctives nécessaires ».

Économie de l’officine

Rappelant qu’ils ont assuré des missions exceptionnelles durant la crise du printemps dernier, « sans contrepartie, dans l’intérêt général », il souligne que, dans ce contexte, les officinaux ne s’attendaient pas à se voir infliger une telle sanction financière. Car au-delà des baisses de prix présentes et à venir, la profession doit faire face à la révision à la baisse du montant des honoraires complexes, à l’absence de compensation du déremboursement de l’homéopathie et à la réduction des délais d’écoulement de stock des médicaments en cas de baisse de prix de 30 à 18 jours.

« Au total, l’impact de l’ensemble de ces mesures sur l’économie de l’officine s’élève à 285 millions d’euros, une perte moyenne de 1 100 euros par mois pour les 22 000 officines restantes sur le territoire qui va peser sur les ressources des 26 500 pharmaciens libéraux et obérer les perspectives d’évolution salariale des 120 000 salariés de l’officine, préparateurs et pharmaciens adjoints », déplore le président de la FSPF.

Un réseau fragilisé

« L’État disait pourtant tirer les conséquences de la crise sanitaire pour le système de santé et pour les professionnels, pour ne plus en faire une variable d’ajustement budgétaire, en revalorisant certaines carrières et rémunérations », ajoute Philippe Besset, déplorant que les pouvoirs publics s’appuient d’une main sur le maillage territorial de l’officine tout en le détricotant de l’autre.

Tandis que les pharmaciens sont très mobilisés pour la campagne de vaccination antigrippale qui a débuté il y a quelques semaines, il rappelle qu’au plus fort de la crise, les confrères se sont mis à la disposition des autorités. « Si c’est à refaire, nous le referons, affirme-t-il. Mais si c’est à refaire, dans quelques années, ce n’est pas sur 22 000 officines que l’État pourra compter. Nous en perdons 200 par an et le rythme va s’accélérer. Voilà la perspective, qui se précise chaque année, dans laquelle ces nouvelles mesures d’économies s’inscrivent », conclut Philippe Besset.

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