Premier tour de piste pour les ESCAP
En gestation depuis 2021, les équipes de soins coordonnées autour du patient (Escap) telles qu’imaginées par l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) sont lancées partout sur le territoire français sous forme d’expérimentation. Explications.
7 avril 2025
Une nouvelle forme de coordination interprofessionnelle se met en place avec les Escap. Portées par l’UNPS depuis 2021, leur expérimentation promise depuis 2023 a été officiellement lancée le 23 mars dernier pour une durée de trois ans dans toute la France. Plus souples que les maisons de santé pluridisciplinaires (MSP), axées sur le partage de la patientèle ou les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) dont l’approche est populationnelle, les Escap se construisent, comme leur nom l’indique, autour du patient. Quatre situations cliniques ont été retenues dans le cadre de l’expérimentation : le patient polypathologique chronique de plus de 65 ans, le patient diabétique (type 1 ou 2) sous insuline, le patient ayant fait un AVC et ayant été hospitalisé moins d’un an auparavant et le patient en soins palliatifs. Tout professionnel de santé peut créer une équipe de soins coordonnée autour d’un patient dont la situation le nécessite. La première démarche à entreprendre est de se connecter à l’appli sécurisée Escap et de remplir une grille d’inclusion pour vérifier son éligibilité. L’étape suivante consiste à prendre contact avec les professionnels de santé désignés pas le patient, qui sont libres d’intégrer ou non l’équipe. Une fois celle-ci constituée, ses membres utilisent l’appli pour échanger et se coordonner.
Simplification du parcours
Toute Escap doit réunir au moins trois professionnels de santé dont le médecin traitant. Sans protocole, elle évolue en fonction de l’état de santé du patient grâce à des évaluations cliniques régulières. L’objectif ? Favoriser la récupération du patient, réduire ses ré-hospitalisations à court terme et soulager plus efficacement ses douleurs physiques et psychiques. Et ce, grâce à l’amélioration de la prise en charge et de la qualité des soins, la simplification du parcours de soins pour éviter toute rupture et le renforcement de la communication interprofessionnelle.
« Même si les pharmaciens ne connaissent pas tous le dispositif des Escap, dès qu’on leur explique, ils y sont extrêmement favorables. Tout simplement parce que cette forme de coordination est adaptée à leur mode d’exercice, tourné vers le patient et sans contrainte administrative », indique Fabrice Camaioni, vice-président à la fois de la FSPF (depuis 2022) et de l’UNPS (depuis 2020).
L’avenant n° 1 de l’accord-cadre interprofessionnel (Acip) signé en juin 2024 met en place une aide forfaitaire de 100 euros par an et par professionnel de santé au titre de l’acquisition et de l’utilisation de l’outil Escap, ainsi qu’une rémunération de 100 euros par an pour chaque professionnel impliqué a minima dans cinq Escap. Pour la facturation, deux codes traceurs d’entrée et de sortie ont été créés. Le paiement se déclenche dès que trois professionnels de la même Escap ont facturé.
Coordination de proximité
Cet avenant est salué par l’ensemble des professionnels de santé, notamment par la Fédération nationale des infirmiers (FNI). Cette dernière estime que cet « accord consacre, pour la première fois, la coordination clinique de proximité en dehors des structures formalisées » et que les Escap sont un moyen « d’éviter les asymétries d’information entre les acteurs du soin, mais également d’améliorer, en les fluidifiant, les prises en charge, notamment par la mise en place d’alertes ; une démarche que les infirmiers ont déjà adoptée sur le terrain mais de façon informelle et pas de manière aussi collégiale avec l’ensemble des parties prenantes ». Un premier bilan de l’expérimentation est prévu dans 18 mois avant une évaluation globale à 3 ans.