Produits de contraste : mauvaises surprises
C’est tranché : aucune reprise des stocks pour les produits de contraste, double circuit de distribution en mars (pharmacie et cabinet de radiologie) pour assurer la transition, et certaines références restent finalement délivrées à l’officine.
9 février 2024
La décision de supprimer les produits de contraste de la délivrance officinale n’en finit pas d’agacer la profession. Cette mesure, introduite par amendement gouvernemental au dernier moment dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2023 et non retoquée par le Conseil constitutionnel malgré le recours des syndicats de pharmaciens, a été confirmée par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2024. Le principe : permettre aux radiologistes d’acheter eux mêmes, auprès des laboratoires, les produits de contraste dont ils ont besoin pour réaliser des IRM et scanners. En conséquence, ils ne prescriront plus ces produits que les patients devaient retirer en pharmacie avant leur examen.
Huit mois de plus
Mais la mise en application est moins aisée que prévue. Initialement programmée pour entrer en vigueur le 1er juillet 2023, la mesure a été repoussée au 1er mars 2024. Malgré ces huit mois supplémentaires pour organiser la transition, les surprises de dernière minute se succèdent. La DSS a ainsi dévoilé fin janvier que, finalement, certains produits de contraste spécifiques resteraient délivrés à l’officine. En effet, « la FSPF a obtenu le maintien de la délivrance en officine des produits iodés strictement inférieurs à 50 ml ainsi que des produits iodés faiblement dosés et de grande contenance », se félicite son président Philippe Besset.
Ne pas surstocker
En revanche, les demandes répétées du syndicat pour une reprise des stocks au 1er mars sont restées vaines. La DSS, qui a un temps envisagé « de reprendre elle-même ces produits », explique Philippe Besset, a informé les syndicats d’une impossibilité légale. De leur côté, les laboratoires ont refusé toute reprise de stock des officines, prétextant que le circuit pharmaceutique n’était « pas garanti ».
Quant aux grossistes répartiteurs, certains ont informé leurs clients-pharmaciens qu’ils n’acceptaient plus la reprise des produits de contraste. Il est donc fortement conseillé aux pharmaciens de ne pas sur stocker, et aux patients d’anticiper. La FSPF a d’ailleurs alerté la DSS d’un risque de « déférencement massif » pouvant conduire à des « difficultés d’accès des patients à ces produits ».
Dernière surprise : la DSS fait de mars un mois de transition en prolongeant d’un mois la délivrance des produits de contraste à l’officine, tout en confirmant qu’ils seront disponibles dans les cabinets de radiologie dès le 1er mars.