Profession : ce que veut la FSPF
Lors de l’ouverture du Congrès des pharmaciens de Montpellier, le président de la FSPF, Philippe Besset, est revenu sur le rôle central des pharmaciens durant la crise sanitaire. Il a également rappelé les évolutions professionnelles et économiques attendues par le syndicat.
Par FSPF
•10 juillet 2023
Comme il s’y était engagé, le ministre de la Santé François Braun a fait le déplacement jusqu’à Montpellier pour venir inaugurer l’édition 2023 du Congrès national des pharmaciens (voir également notre supplément). Pour Philippe Besset, la présence du ministre « illustre la mise en lumière de notre profession, qui fut rarement autant exposée qu’au cours de la pandémie de Covid-19 ». Le président de la FSPF a profité de la participation de François Braun à l’événement pour exposer les propositions du syndicat quant à l’avenir de la profession. Ainsi, à ses yeux, la réalisation des tests antigéniques Covid-19 préfigure le succès du dépistage d’autres pathologies telles que l’angine bactérienne ou l’infection urinaire chez la femme. De même, la forte mobilisation des officinaux dans la prévention du cancer colorectal ouvre la voie à d’autres dépistages de maladies chroniques, comme le diabète ou l’insuffisance cardiaque.
Un réseau fragile
Philippe Besset se dit également prêt à participer, plus activement encore, à la prévention du tabagisme en prescrivant directement les produits utiles au sevrage. Il souhaite aussi que les pharmaciens puissent enfin assurer la substitution des médicaments biosimilaires et hybrides, annoncée depuis plusieurs années. « Nous aurons ainsi une garantie supplémentaire de la continuité des traitements et un nouvel outil pour pallier, à notre niveau, les pénuries de médicaments qui, comme vous le savez, se multiplient », indique Philippe Besset, soulignant qu’il attend également de l’État des réponses ambitieuses et efficaces pour endiguer ce phénomène qui empoisonne le quotidien des pharmaciens.
Obtenir la possibilité de dispenser, dans le cadre de règles précises et de protocoles définis, des médicaments à prescription médicale obligatoire ou facultative pour traiter les urgences non vitales est une autre de ses volontés. « Le Royaume-Uni vient de le faire : pourquoi pas nous ? », glisse le président de la FSPF à l’intention du ministre de la Santé. En ce qui concerne le réseau officinal, Philippe Besset estime que malgré ses forces, il souffre de fragilités grandissantes. « Après une période exceptionnelle, ce Congrès s’ouvre dans un contexte, devenu trop constant, de fermetures d’officines, par difficultés économiques ou par incapacité à transmettre notre outil de travail à de nouveaux professionnels », déplore-t-il, pointant notamment les conséquences de l’inflation sur l’économie des pharmacies. « À la différence d’autres entreprises, notre activité est réglementée », fait-il remarquer, demandant donc aux pouvoirs publics des solutions pour « surmonter ces soubresauts économiques ».
Changer de modèle
Les négociations conventionnelles qui s’ouvriront à l’automne devront permettre de donner de nouvelles perspectives. « Progressivement, il nous faudra aller vers un mécanisme de revalorisation suffisamment régulier pour offrir stabilité, sécurité et visibilité en période de hausse des coûts et d’inflation », estime Philippe Besset. Pour lui, le modèle économique actuel reposant sur le financement des produits de santé innovants par les baisses de prix des produits matures pénalise les officines. « Ce système rogne continuellement nos marges et doit donc être repensé pour assurer la pérennité de l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament », affirme-t-il. Il plaide pour la revalorisation de l’acte de dispensation du médicament et la création de nouveaux honoraires « reconnaissant et rémunérant les missions particulières que sont la dispensation de renouvellement d’ordonnances, la dispensation protocolisée, l’intervention pharmaceutique et la dispensation au sein d’officines isolées ». Enfin, il souhaite une meilleure coordination de la temporalité des conventions avec le budget de la Sécurité sociale.