Actus •
Territoires fragiles
Quand le Sénat retourne sa veste
Une proposition de loi visant à préserver l’accès aux pharmacies rurales a été adoptée contre l’avis du gouvernement et de la profession.
Par Mélanie Mazière
•12 avril 2024
« C’est une catastrophe, cette manière de faire », lâche Philippe Besset lors de son Live hebdomadaire. Le président de la FSPF avait pourtant pris le temps de rencontrer les parlementaires à l’initiative ou en soutien de la proposition de loi (PPL) « tendant à préserver l’accès aux pharmacies dans les communes rurales ». Et d’expliciter la problématique des officines en milieu rural ou en territoires fragiles. De fait, cette audition poussée avait conduit l’auteure de la PPL, Maryse Carrère (RDSE), à réécrire le texte.
« Le dispositif initial autorisait l’ouverture d’une officine dans une commune de moins de 2 500 habitants dès lors que cette commune se situe dans une zone géographique constituée de communes contiguës dépourvues d’officine et qui, ensemble, totalisent au moins 2 500 habitants », expliquait la sénatrice, lors de l’examen en séance publique le jeudi 11 avril dernier. Un dispositif semblable à ce que prévoit l’ordonnance du 3 janvier 2018, cette dernière ajoutant la présence obligatoire d’une commune d’au moins 2 000 habitants, mais inappliqué en l’absence d’un décret dit « Territoires fragiles » attendu depuis près de six ans. Notant « l’opposition des syndicats de pharmaciens qui nous accusaient de vouloir désorganiser le réseau », Maryse Carrère a trouvé une solution consensuelle : « L’article unique a été réécrit pour demander au gouvernement de publier le décret […] « Territoires fragiles » avant le 1er octobre. » Sans quoi, l’ordonnance devenait directement applicable par les agences régionales de santé (ARS).