Redresser les comptes sans sacrifier la santé
Lors d’une réunion inédite de la commission des comptes de la Sécurité sociale, la FSPF a exhorté le gouvernement à « écouter les soignants » pour redresser la situation économique sans dégrader la qualité des soins.
27 juin 2025
En présence des ministres chargés de la Santé et du Budget, le président de la FSPF, Philippe Besset, l’a affirmé haut et fort le 3 juin dernier : le redressement des comptes de la Sécurité sociale n’est « pas forcément synonyme d’une dégradation des soins ». Ce dialogue innovant instauré par le gouvernement au sein de la commission des comptes de la Sécurité sociale a permis à de nombreux partenaires de faire entendre leur voix. « Nous partageons aujourd’hui le diagnostic d’un déficit qui va s’accroître dans les années à venir du fait du vieillissement de la population. Cela implique à la fois de rationaliser les soins et d’augmenter les ressources », précise Philippe Besset. C’est dans ce contexte que la FSPF a plaidé pour une méthode s’appuyant sur la prévention, la confiance et la rationalisation.
Missions de prévention
Remarquant que la Cour des comptes, dans son rapport annuel sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale (LFSS), positionne la prévention comme « la première source d’économies pour le système de santé », la FSPF rappelle que « les pharmaciens d’officine y prennent déjà toute leur part [et que] les missions de vaccination et de dépistage qui leur sont confiées peuvent encore être élargies, sous réserve que les officines de proximité disposent des moyens matériels et humains à la hauteur ». De fait, le maillage territorial du réseau est une force. « Les pouvoirs publics peuvent s’y appuyer pour faire progresser la prévention et les patients, partout sur le territoire, doivent pouvoir compter sur lui. » Mais encore faut-il que ce maillage soit préservé, au risque sinon d’assister à l’aggravation des pathologies, à l’engorgement des services d’urgences et à des prises en charge plus coûteuses. « La FSPF demande donc un soutien à la hauteur et des solutions innovantes pour renforcer l’accès aux soins », explique Philippe Besset. Les professionnels de santé sont tout indiqués pour fournir ces solutions « de bon sens » garantissant qualité et proximité, habitués qu’ils sont à surmonter les difficultés rencontrées sur le terrain au quotidien. « Celles-ci pourraient être mises en place par des accords conventionnels interprofessionnels (ACI) entre médecins traitants, pharmaciens et infirmiers » et seraient ainsi fondées « sur la confiance ».
Fluidité du parcours
Parmi les autres pistes pour redresser les comptes sociaux, la FSPF cite évidemment le déploiement des médicaments biosimilaires et hybrides et une meilleure coordination entre la ville et l’hôpital. « Les pharmaciens n’aspirent qu’à contribuer davantage à l’orientation des patients vers les établissements et les professionnels de santé adaptés à la fluidité de leur parcours vers ou depuis l’hôpital », ajoute Philippe Besset. Mais, regrette-t-il, « ils s’en trouvent trop souvent empêchés par un cloisonnement organisationnel dépassé », tout comme ils sont plus que jamais confrontés à « des procédures de plus en plus nombreuses et complexes visant à lutter contre la fraude, procédures que l’ordonnance numérique, plus efficace, permettrait de rationaliser sans contrainte supplémentaire pour l’ensemble des professionnels ».
Solutions de bon sens
Saluant le travail collectif original mené en commission des comptes de la Sécurité sociale, le syndicaliste se réjouit de l’écoute accordée aux professionnels de santé et espère vivement qu’elle sera « suivie, dans les faits, de propositions concrètes, hors des réflexes administratifs, théoriques et comptables habituels ». Charge au gouvernement, qui vise en priorité à responsabiliser les patients, d’en tirer les solutions les plus consensuelles.