Rennes : la révolution numérique est en marche
La nouvelle convention prévoit d’engager un virage numérique sans précédent pour les pharmaciens d’officine.
Par FSPF
•30 décembre 2022
Afin de tirer les leçons de la crise de Covid-19, le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, lance en mai 2020 le « Ségur de la santé ». L’idée du gouvernement : donner un nouvel élan à notre système de soins. En juillet 2021, son volet numérique s’ouvre avec l’objectif de « généraliser sur tout le territoire le partage sécurisé des données, entre professionnels et patients, grâce à une harmonisation et une optimisation des outils numériques utilisés aujourd’hui par ceux-ci, afin d’améliorer ensemble le parcours de soins et la prise en charge de tous ».
Quelques mois plus tard, le projet prend forme avec le lancement en février 2022 de la plateforme « Mon espace santé ». « Cet espace numérique personnel, qui a vocation à devenir le futur carnet de santé numérique des patients, contient un “coffre-fort sécurisé” où sont classés tous les documents de santé (ordonnances, résultats de biologie, dossiers d’hospitalisation…), progressivement alimenté automatiquement par les médecins et autres professionnels, laboratoires, hôpitaux, etc. », explique alors l’Agence du numérique en santé (ANS). En fait, « Mon espace santé » regroupe les données du dossier médical partagé (DMP), une messagerie pour sécuriser les échanges du patient avec les professionnels et établissements de santé de son parcours de soins ainsi que des informations issues d’applications mobiles (dix-huit aujourd’hui) et, prochainement, un agenda partagé.
Deux vagues
Pour les professionnels de santé, le « Ségur du numérique » doit notamment permettre de « faire évoluer les logiciels métier afin qu’ils deviennent interopérables avec “Mon espace santé” », précise Xavier Vitry, directeur de projet à la délégation ministérielle du Numérique en santé (DNS), à l’occasion de la septième étape du Tour de France de la convention, précisant que le gouvernement a consenti à investir 2 milliards d’euros pour y parvenir, avec l’aide en partie de l’Union européenne. Ces évolutions informatiques s’effectueront en deux vagues. La première, qui est en voie d’achèvement, consiste à faire en sorte que chaque professionnel de santé puisse alimenter « Mon espace santé ». La seconde vague visera, elle, à déterminer comment ces professionnels seront à même de récupérer directement dans leur logiciel métier les informations contenues dans le DMP, toujours avec l’accord du patient.
Pour l’heure, Xavier Vitry invite les titulaires à commander rapidement auprès de leur éditeur un logiciel certifié « Ségur ». Ils ont jusqu’au 15 mars 2023 pour le faire. Les mises à jour devront quant à elles être déployées le 28 avril 2023 au plus tard. Passées ces dates, la prise en charge prévue par l’État afin de permettre ces évolutions sans reste à charge pour les officines ne sera plus possible. Ce qui n’empêchera pas qu’elles devront toutes être équipées de ces nouveaux logiciels au 31 décembre 2023, dernière limite. Il s’agit en effet de l’un des cinq critères obligatoires à remplir afin de pouvoir prétendre à la rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp) quant au développement du numérique en santé et l’amélioration de l’accès aux soins prévue par la convention, insiste Philippe Besset, président de la FSPF, tout comme l’adhésion à un exercice coordonné.
Intégrer les évolutions du métier
Mais quelles avancées attendre de ces logiciels « Ségur » ? « Ils vont intégrer les évolutions du métier alors que jusqu’à présent ils étaient essentiellement centrés sur la facturation et la gestion de stock », répond Xavier Vitry. Par exemple, les vaccinations réalisées à l’officine et facturées via le logiciel métier seront directement enregistrées dans « Mon espace santé ». À terme, ce dernier deviendra un carnet de vaccination électronique au format européen compilant l’ensemble des vaccins reçus par un patient quel que soit le professionnel ayant pratiqué l’acte.
Autre changement à venir dans les officines avec la révolution numérique, l’arrivée des ordonnances électroniques, mais aussi l’inscription des préparateurs au répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS). En effet, indique Xavier Vitry, le législateur, les patients et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) entendent savoir précisément qui consulte le DMP et les données des patients inscrites dans « Mon espace santé ».