Rouen : en avant pour la qualité !
Le bon usage des produits de santé et, plus particulièrement la démarche qualité à l’officine, étaient au cœur des débats de la cinquième étape du Tour de France.
Par FSPF
•12 décembre 2022
Après Nancy, le Tour de France de la convention fait étape à Rouen, le 14 novembre, accueilli par Philippe N’Guyen, coprésident du syndicat des pharmaciens de la Seine-Maritime. Au programme de la soirée, l’une des nouvelles rémunérations sur objectifs de santé publique (Rosp) prévues par la convention visant à développer « le bon usage des produits de santé ». Versée en mai de l’année suivante, cette Rosp se compose de cinq critères : l’engagement dans la démarche qualité avec une prime de 100 euros en contrepartie notamment de la réponse au questionnaire d’autoévaluation annuelle ; l’atteinte d’un taux global de substitution générique supérieur à 85 % ; la réalisation d’objectifs particuliers de substitution pour des molécules définies chaque année avec l’Assurance maladie ; la stabilité de la dispensation de certains génériques (90 % des délivrances), dont ceux de la metformine ou du furosémide, qui peut rapporter jusqu’à 400 euros ainsi que la substitution des produits biosimilaires et hybrides dès que le gouvernement aura donné son aval.
Le volet générique peut rapporter « environ 1 000 euros au total », indique Philippe Besset, président de la FSPF, qui insiste sur le fait que la Rosp « Bon usage des produits de santé » ne peut être touchée qu’à condition d’avoir obligatoirement rempli les deux premiers items. Autrement dit, elle ne sera perçue que si l’on s’engage dans la qualité et si l’on dépasse les 85 % de taux de substitution. Cette Rosp « sert à améliorer la qualité de gestion et de délivrance, elle est facilitatrice d’un meilleur exercice pharmaceutique », affirme Philippe Besset.
Une sécurité pour les patients
En ce qui concerne la démarche qualité, trois points sont à réaliser plus précisément. Au-delà de l’autoévaluation qui prend entre 25 et 30 minutes, il est en effet nécessaire de s’abonner gratuitement à une newsletter spécifique, ce qui se fait en un clic. Il faut aussi mettre en place une action d’amélioration de ses procédés révélée par l’autoévaluation. Le site Eqo lancé par l’Ordre des pharmaciens propose d’ailleurs les outils pour aider les officines à y parvenir. En résumé, affirme sa présidente Carine Wolf-Thal, « c’est simple, rapide et bénéfique pour vous, vos équipes et vos patients ». La présidente de l’Ordre rappelle que l’objectif de la démarche qualité à l’officine n’est pas de tout mettre en œuvre d’un seul coup, mais d’apporter des évolutions, pas à pas.
Après l’affaire Lactalis et différentes enquêtes menées par l’UFC-Que Choisir, « il fallait rendre disponible une démarche pour les officinaux qui permette d’offrir une qualité optimale », rappelle Carine Wolf-Thal, même si la profession dans son ensemble faisait déjà très bien son travail. « On ne partait pas de zéro, les pharmaciens ont dans leur ADN le sens de la rigueur, de l’organisation et de la qualité », estime la présidente de l’Ordre. Toutefois, pour elle, « il était de notre devoir d’assurer que chaque Français, en tout point du territoire, ait la garantie de pouvoir bénéficier d’un service de qualité dès qu’il franchit la porte d’une officine ». De plus, avec l’arrivée des nouvelles missions confiées aux pharmaciens, « il était impératif de rassurer les pouvoirs publics » sur le savoir-faire des officinaux ainsi que de « réaffirmer la sécurité des patients », souligne Carine Wolf-Thal.