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Ségur de la santé : 26 propositions pour l’officine

Le 25 mai dernier, le gouvernement a lancé le « Ségur de la santé » avec pour objectif de tirer les leçons de la crise sanitaire actuelle et d’accélérer la modernisation de notre système de santé. La FSPF a décidé d’y apporter sa contribution afin que les pharmaciens ne soient pas les oubliés de cette réforme.

Par FSPF

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24 juillet 2020

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© AdobeStock_Oatawa

Engagée par le plan « Ma Santé 2022 », la transformation de notre système de santé va se poursuivre. Et même s’accélérer. L’épidémie de Covid-19 est passée par là et le gouvernement souhaite changer de rythme. Quelques jours après l’annonce de la fin du confinement de la population, Édouard Philippe, alors Premier ministre, a donc lancé le « Ségur de la santé » afin de donner un nouvel élan à notre système de soins au regard de la crise sanitaire inédite qui touche le pays depuis plusieurs mois.

Dans ce cadre, l’Ordre et les syndicats d’officinaux ont été auditionnés le 10 juin par le groupe de travail n° 4 baptisé « Fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers ». L’occasion pour la FSPF de présenter ses 26 propositions traitant plus spécifiquement de la santé publique et de la place des officinaux.

La coordination des soins avant tout

Le syndicat souhaite ainsi faire du pharmacien un acteur essentiel de la coordination des soins. Pour lui, cela ne peut avoir lieu sans faire évoluer certaines règles. En effet, explique-t-il, si les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ou les équipes de soins primaires (ESP) sont nécessaires pour structurer l’offre de soins dans les territoires, le passage imposé par de telles structures peut priver de nombreux patients des bénéfices d’un exercice coordonné. La FSPF propose donc de penser ce dernier autour du patient et non uniquement par le prisme de la structure.

« Le patient doit pouvoir être à l’initiative d’une coordination des professionnels qui l’accompagnent individuellement, afin que ceux-ci travaillent de concert au sein d’une équipe ouverte », estime la Fédération, qui demande donc « une modification de la loi pour que des équipes ouvertes puissent s’organiser autour du patient et bénéficier des mêmes dispositifs particuliers que dans le cadre d’une structure définie ». Pour assurer la pertinence de ces équipes ouvertes, elle propose par ailleurs qu’elles se constituent sur la base de protocoles nationaux, définis, par exemple, par pathologie, comme le diabète.

Une réforme du dispositif des gardes et astreintes

La FSPF milite aussi en faveur d’une révision de la législation sur la permanence des soins pharmaceutiques afin que la régulation des appels concernant les astreintes des pharmaciens soit intégrée au service d’accès aux soins (SAS) prévu dans le cadre du pacte de refondation des urgences. En pratique, il s’agirait de « créer un numéro unique d’appel permettant la régulation de l’ensemble des soins d’urgence dans les départements, dont les astreintes pharmaceutiques », explique son président Philippe Besset.

La mise en place d’un numéro unique facilement identifiable par les patients permettrait aussi d’améliorer la coordination des soins entre les différents acteurs, c’est-à-dire les pharmacies d’officine, la médecine de ville et les établissements hospitaliers.

Des missions à pérenniser

En ce qui concerne le volet « Métier », le syndicat plaide pour la pérennisation de certaines missions accordées aux pharmaciens pendant la crise du Covid-19, telles la substitution des dispositifs médicaux, la production et la commercialisation des solutions hydroalcooliques ou encore le télésoin. Elle appelle également à la publication des textes réglementaires nécessaires à l’entrée en vigueur effective du « pharmacien correspondant » afin de permettre le renouvellement des ordonnances, le suivi d’observance, voire l’orientation diagnostique en cas de soins non programmés.

« La crise sanitaire a démontré tout le bénéfice que peut présenter le dispositif de pharmacien correspondant, tel que rénové par la loi d’organisation et de transformation du système de santé », affirme la FSPF.

Renforcer le rôle du pharmacien dans la prévention

Plus largement, le syndicat entend profiter du « Ségur de la santé » pour poursuivre l’évolution de la profession, en défendant, entre autres, le droit de substitution des biosimilaires par les pharmaciens et la mise en œuvre de la préparation des doses à administrer (PDA) qui, selon lui, « peut se révéler essentielle pour la sécurité des patients les plus vulnérables, notamment des patients âgés et polypathologiques multipliant les traitements différents et dès lors le risque iatrogène ».

La FSPF souhaite aussi renforcer la place du pharmacien dans la prévention et le dépistage. « La prévention constitue un axe majeur de la modernisation du système de santé, souligne- t-elle. Ses bénéfices sont connus : amélioration de la santé générale de la population, économies pour le système de santé, augmentation du temps médical disponible. La prévention doit donc être renforcée et amplifiée. Par sa disponibilité et sa proximité, le pharmacien d’officine peut devenir un acteur central de la prévention. »

Dépistage et vaccination

Dans ce cadre, elle propose que la vaccination antigrippale à l’officine soit étendue à l’ensemble de la population, mais aussi que les pharmaciens puissent pratiquer d’autres vaccins. « L’ensemble de l’équipe officinale, c’est-à-dire à la fois les docteurs et les préparateurs en pharmacie, pourrait également être autorisé, sous condition de formation préalable adéquate, à injecter ces vaccins », ajoute le syndicat.

Pour la FSPF, le renforcement de l’implication des officinaux dans la prévention et le dépistage passe également par la réalisation de davantage de tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) ainsi que par la prise en charge par l’Assurance maladie de certains produits dispensés à l’officine, tels les vaccins, les équipements de protection individuels, les substituts nicotiniques ou encore les préservatifs masculins.

Définir un nouveau modèle économique

Sur le plan économique, la FSPF demande aux pouvoirs publics de mettre fin à la politique systématique de baisse des prix des médicaments et des dispositifs médicaux et de définir, dans le cadre conventionnel, un modèle économique viable pour les actes de prévention, l’exercice coordonné, la dispensation des médicaments à domicile et la PDA. « Nous avons besoin d’une nouvelle donne », affirme Philippe Besset, soulignant que la mise en œuvre d’un certain nombre de missions peut encore se heurter à des modèles économiques inexistants.

« Les actes de prévention et de coordination du pharmacien ne sont toujours pas reconnus par un modèle économique adapté, malgré leur importance dans la prise en charge des patients, dans l’accès aux soins et dans la promotion des nouvelles structures de coordination, déplore le syndicat. De même, et alors que la crise sanitaire a fait la preuve de leur intérêt, aucun modèle économique n’est actuellement défini pour le portage des médicaments et leur dispensation à domicile. »

« Les 26 propositions représentent l’ambition de la FSPF pour l’officine dans la période post Covid-19, conclut Philippe Besset, qui les a également adressées au nouveau Premier ministre, Jean Castex. Beaucoup d’entre elles vont au-delà du “Ségur de la santé”. Certaines ont déjà été amorcées dans la loi “Ma Santé 2022” et méritent d’être accélérées au regard des besoins révélés par la crise épidémique que nous traversons. »

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