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Enjeux

Élection présidentielle : la santé en pointillés

Deux années d’une pandémie majeure auraient pu laisser penser que la santé serait au cœur des débats entre candidats à l’élection présidentielle. Il n’en est rien. Si chacun d’entre eux a des propositions en la matière, elles demeurent largement éclipsées par d’autres thématiques. Les voici résumées.

Par La rédaction

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18 mars 2022

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Anne Hidalgo – Parti socialiste – « Ensemble changeons d’avenir »

La candidate socialiste Anne Hidalgo souhaite réformer en profondeur l’hôpital public en s’attaquant au modèle économique de « l’hôpital entreprise ». Supprimer l’Ondam est sa priorité, avec une sortie partielle de la tarification à l’acte facilitée par la création d’une « dotation d’État qui tienne compte des besoins locaux de santé publique ». Anne Hidalgo souhaite former 1 250 sages-femmes, 25 000 infirmiers et aides-soignants et jusqu’à 15 000 nouveaux médecins chaque année. Ces derniers passeraient une année de professionnalisation sous le nouveau statut de médecin-assistant dans les déserts médicaux à la fin de leur internat. En complément, la maire de Paris propose de donner une large place à la santé publique et à la prévention des maladies chroniques, et de faire de la santé mentale l’une des grandes causes de son quinquennat.

 

 

 

Yannick Jadot – Europe Écologie Les Verts – « Changer la France pour vivre mieux »

Le candidat écologiste souhaite « reconstruire un service public de la santé » en reprenant la dette de l’hôpital public et en supprimant la tarification à l’acte. Yannick Jadot propose de recruter 100 000 infirmiers et revaloriser de 10 % le salaire des soignants pour s’aligner sur la moyenne européenne. Il veut « encadrer l’industrie du médicament » en demandant aux laboratoires plus d’informations sur les ventes, les remboursements et les prix pratiqués dans les autres pays. « Cette transparence permettra de réguler le marché en fonction d’objectifs de santé publique et de souveraineté sanitaire », explique-t-il. S’il est élu, la France lèvera les monopoles sur certaines productions essentielles de principes actifs et soutiendra une politique sanitaire européenne notamment en matière de recherche et production de médicaments et d’équipements médicaux. Yannick Jadot souhaite aussi encadrer la production et la vente de cannabis. Par ailleurs, l’écologiste tient à placer le sport au cœur de sa politique sociale et de santé publique avec la prise en charge par la Sécurité sociale de consultations médico-sportives.

 

 

Marine Le Pen – Rassemblement national – « La France qu’on M »

Marine Le Pen souhaite « redonner au personnel soignant sa juste place ». La candidate du Rassemblement national (RN) prévoit de revaloriser leurs salaires grâce à une enveloppe de 2 milliards d’euros sur cinq ans. Les infirmiers verraient notamment leur rémunération augmenter de 10 %, de façon à atteindre la moyenne européenne. La conseillère départementale du Pas-de-Calais souhaite également « recruter en masse pour combler les postes vacants » et ouvrir 10 000 places dans les Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) et les centres de formation d’aides-soignants. Les agences régionales de santé seraient supprimées et les hôpitaux placés sous la tutelle des préfets de région. L’aide médicale d’État (AME), finançant les soins médicaux des étrangers, ne prendrait plus en charge que les soins urgents. La candidate du RN veut aussi « confier plus de tâches aux pharmaciens, sages-femmes, infirmiers et assistantes sociales » pour accroître le « temps médical » des médecins. Puisque « la crise sanitaire a constitué un prétexte pour porter atteinte à l’autonomie de décision » de ces derniers, elle se propose de « rendre aux médecins leur liberté de prescription et d’expression ».

 

 

 

 

 

Emmanuel Macron – La République en marche – « Avec vous »

Mettant fin à un faux suspens, le président de la République a fini par annoncer, le 3 mars, sa candidature dans une lettre adressée aux Français. Il y évoque des investissements pour le grand âge et l’inclusion des personnes en situation de handicap. Il entend également opérer une « révolution de la prévention » et faire « reculer les déserts médicaux ». Si son programme n’est pour l’heure pas encore connu, notamment en matière de santé, Emmanuel Macron aurait en ligne de mire une réforme de l’hôpital ainsi qu’une refonte du financement de la Sécurité sociale. Bien que défendant les efforts accomplis grâce au Ségur de la santé, il estime dans une interview récente accordée au Parisien que le chantier n’est pas terminé et que la pénurie de personnels de santé dans les établissements de soins est liée à un manque de reconnaissance de ces métiers et à un niveau de rémunération encore insuffisant. La question des 35 heures à l’hôpital devrait également être remise sur la table s’il obtient la confiance des Français pour effectuer un nouveau quinquennat. Quant au plan Ma santé 2022, présenté en septembre 2018, l’actuel président considère que ses objectifs étaient les bons mais reconnaît, à la lumière de la crise sanitaire, qu’il était sous-dimensionné au regard des besoins.

 

Jean-Luc Mélenchon – La France Insoumise – « L’ avenir en commun »

Le candidat de La France insoumise (LFI) fait de la création d’un pôle public du médicament l’une de ses priorités. Ses missions : assurer une relocalisation de la production, garantir l’approvisionnement d’une réserve stratégique, contrôler les prix sur l’ensemble des produits de santé et communiquer sur leurs coûts réels. Opposé à la loi instaurant le passe vaccinal qu’il juge « liberticide et inefficace », le député des Bouches-du-Rhône prône son abrogation et la réintégration des soignants exclus pour cause de non-vaccination. Il veut interdire le dépôt de brevets sur les médicaments et les équipements nécessaires à une réponse sanitaire urgente et entend lutter contre les déserts médicaux grâce, entre autres, à la création de réseaux de centres de santé pluridisciplinaires publics en lien avec les hôpitaux, le recrutement de médecins publics et l’augmentation des moyens des facultés pour permettre une véritable suppression du numerus clausus. Jean-Luc Mélenchon propose également le remboursement à 100 % des soins de santé prescrits et l’intégration des mutuelles dans la Sécurité sociale.

 

Valérie Pécresse – Les Républicains – « Nouvelle France »

Si elle est élue, Valérie Pécresse entend mettre en œuvre « un plan d’urgence pour la santé » avec notamment l’embauche, sur cinq ans, de 25 000 soignants pour l’hôpital public. La candidate Les Républicains souhaite également s’attaquer aux déserts médicaux grâce notamment à la création d’une dotation permettant d’aider de jeunes médecins à s’installer dans des zones en tension et veut renforcer le pouvoir de décision des collectivités territoriales, en confiant aux présidents de région la présidence des ARS. Invitée par la FSPF, comme les autres candidats, à s’exprimer devant les officinaux, elle a fait part de sa volonté de mettre le pharmacien au cœur de la réflexion sur l’évolution du système de santé. Pour elle, il est « un pilier de l’aménagement du territoire en santé [et] un rempart contre la désertification médicale », mais aussi un acteur clé de la prévention. Attachée à l’indépendance des pharmaciens et au monopole de dispensation, elle défend également le maintien du maillage territorial qui représente à ses yeux « la force » de la profession.

 

 

 

 

Éric Zemmour – Reconquête ! – « Impossible n’est pas français »

Afin de faire reculer les déserts médicaux, Éric Zemmour préconise le recrutement par l’État de 1 000 médecins salariés qui exerceront notamment dans des centres de santé communaux et départementaux, ou des services de proximité d’urgence. Il entend également réinstaurer un service de garde assuré par les médecins. Il veut créer 40 000 postes de soignants dans les hôpitaux, supprimer les ARS et redonner aux préfets départementaux et régionaux le pouvoir d’organisation en matière de santé, en concertation avec les soignants. Regrettant que la France n’ait pas été en capacité de proposer des vaccins et des médicaments contre la Covid-19, le candidat du parti Reconquête ! entend augmenter à 3 % du produit intérieur brut (PIB) le budget annuel alloué à la recherche et développement à l’horizon 2027. Opposé au passe vaccinal, il défend la vaccination des personnes âgées et fragiles. Éric Zemmour plaide aussi pour la suppression de l’aide médicale d’État (AME), tout en la maintenant pour les soins urgents. Il compte par ailleurs s’attaquer aux fraudes aux prestations sociales en mettant en place « une brigade nationale de lutte antifraude dotée de pouvoirs d’investigation étendus » et introduire une carte Vitale biométrique.

 

 

 

Fabien Roussel – Parti communiste français – « La France des jours heureux »

Le candidat communiste entend revoir le financement de la protection sociale et propose une prise en charge à 100 % des risques qui serait entièrement financée par les cotisations. Son intention d’en finir avec le reste à charge des dépenses de soins passe par une suppression des franchises médicales et des participations forfaitaires. Dans la même lignée, il prône la disparition des dépassements d’honoraires et souhaite négocier le retour à un secteur conventionnel unique ainsi que la généralisation du tiers payant. Afin de lutter contre les déserts médicaux, Fabien Roussel veut mettre en place un conventionnement sélectif à l’installation des médecins et développer massivement les centres de santé de proximité. Décidé à remplacer les ARS, « véritables bras armés pour asphyxier les hôpitaux », par des services régionaux de l’État composés de trois collèges (professionnels de santé, usagers et élus territoriaux), il milite enfin pour la création d’un pôle public du médicament passant par la nationalisation des principales entreprises privées intervenant dans ce domaine.

 

 

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