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Les dossiers de la Fédé • Substitution

Place aux biosimilaires !

Parce que les nouveaux traitements qui arrivent sur le marché sont désormais en grande majorité des médicaments biologiques, leurs copies, appelées biosimilaires, vont prendre une place grandissante dans l’arsenal thérapeutique. Comme pour les génériques, copies des médicaments chimiques, le pharmacien est l’acteur incontournable de la substitution biosimilaire.

1 août 2025

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© adobestock_Monmeo

Le contexte était pour le moins particulier à l’ouverture des Amphis de l’officine ce 1er juillet. En présentiel comme à distance, les pharmaciens suivent l’événement après une journée de manifestation dans les rues des grandes villes pour protester contre la baisse du plafond des remises génériques et la fixation de celui des biosimilaires à 15 %. Justement, le thème des Amphis, prévu de longue date, n’est autre que le déploiement du marché des biosimilaires. « En raison des contraintes budgétaires qui pèsent sur le système de santé, ces médicaments représentent un levier d’efficience considérable pour l’Assurance maladie », souligne le président de la FSPF, Philippe Besset, avant de rappeler que, comme pour le générique, la France fait confiance aux pharmaciens pour améliorer le taux de pénétration des biosimilaires, désormais de 40 % dans le répertoire substituable. Une nécessité alors que l’Assurance maladie a déboursé 14 milliards d’euros l’an dernier pour les biothérapies, soit un tiers de ses dépenses en médicaments.

Soutenabilité

Cette évolution de 127 % en 7 ans n’est pas un hasard, relève Salim Benkhalifa, directeur des affaires médicales du laboratoire coréen Celltrion, car les biomédicaments ont changé la vie de nombreux patients. Depuis le lancement du premier biosimilaire en 2006, l’arsenal s’est développé. « Celltrion a été le premier laboratoire au monde à fabriquer un biosimilaire d’un anticorps monoclonal, autorisé en Europe en 2013 et arrivé sur le marché français en 2015. Désormais, notre portefeuille compte 12 biosimilaires », précise Salim Benkhalifa. Si une partie des biothérapies s’administre à l’hôpital, nombre d’entre elles sont aussi disponibles en ville. C’est là que le rôle de substitution du pharmacien prend tout son sens. Mais attention, le sujet est plus technique pour les biosimilaires, que ce soit en matière de fonctionnement du traitement, des pathologies concernées ou des dispositifs d’injection associés qui exigent formation des confrères et pédagogie auprès des patients. « Le pharmacien n’est pas là que pour réduire les coûts de l’Assurance maladie, il doit avant tout mener son travail d’acteur de santé publique tout en gardant en tête l’enjeu de soutenabilité du système sanitaire. En l’occurrence, au regard des contraintes techniques de ces produits, ce n’est pas une simple dispensation et cela justifie une incitation financière », résume Olivier Rozaire, président de l’URPS pharmaciens Auvergne-Rhône-Alpes.

Objectif formation

Du côté des patients, si les réticences à la substitution biosimilaire par le pharmacien ont bien baissé, il reste ici ou là, selon les pathologies, quelques résistances. « Le pharmacien est le partenaire du patient, c’est le professionnel de santé qu’il voit le plus souvent et, dans l’immense majorité des cas, il y a une relation de grande confiance. Néanmoins, la formation aux médicaments biologiques et aux dispositifs associés n’est pas uniforme sur le territoire, c’est donc le sujet prioritaire sur lequel la profession doit travailler », insiste Jean-François Thébaut, vice-président de la Fédération française des diabétiques (FFD). Une confiance qui pourra progresser avec une meilleure utilisation du DMP dans Mon espace santé, permettant au pharmacien de connaître précisément la pathologie de son patient au lieu de la deviner à partir de la prescription.

 

De gauche à droite : Salim Benkhalifa, directeur des affaires médicales de Celltrion ; ­Jean-François Thébaut, vice-président de la FFD et Olivier Rozaire, président de l’URPS pharmaciens d’Auvergne-Rhône-Alpes. © Nicolas Kovarik

 

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